Le bal mécanique – Yannick Grannec

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J’avais lu La Déesse des petites victoires de la même autrice, et j’avais beaucoup aimé, je n’ai pas hésité une seule seconde avant de choisir ce roman que j’ai reçu grâce à Babelio, j’ai donc découvert Le bal mécanique de Yannick Grannec, éditions Pocket, (04/01/2018).

Le bal mécanique, c’est l’histoire de Josh, animateur télé d’une émission sur la décoration et psychologisante, de télé-réalité, concept un peu extrême. Il est en train de fonder sa propre famille à Chicago, alors qu’il est en froid avec son père qui est à  Saint-Paul de Vence, peintre, il semble complètement retiré. Un jour, Carl découvre un article où est fait mention d’œuvres spoliées pendant la Seconde guerre mondiale dont un tableau qui est un portrait de son père. Carl part sur les traces de son portrait et ainsi de sa famille.

L’histoire est dès le départ intéressante, centrée sur le fils et le père, chacun de leur côté, qui ne semblent plus se comprendre, pourtant chacun est attaché à sa famille. La découverte des œuvres spoliées ajoutent encore plus d’intérêt. Avec la mort du père, l’histoire se corse un peu plus et lors de la deuxième partie du livre, où l’on découvre l’histoire mais du point de vue des protagonistes des années 1910-1920, le roman prend encore plus d’ampleur. Le lecteur se retrouve plongé à la fois dans l’histoire et dans la grande Histoire, celle de l’art avec le Bauhaus, et politique des années 20-30 en Allemagne. Un roman en compagnie de Klee, Dix, Kandinsky, Gropius… du beau monde. 

J’ai clairement adoré cette manière d’apprendre plein de choses tout en lisant une histoire captivante, en revanche, je suis un petit peu plus déçu sur les nombreuses questions auxquelles je n’ai pas eu de réponse… Un petit goût d’inachevé, surtout que le roman est dense, on apprend beaucoup, très précis sur l’histoire de l’art et peu finalement sur la fiction, un peu de frustration… C’est l’éternel problème du lecteur, presque jamais satisfait lorsqu’il termine un livre, il veut toujours en avoir plus et c’est à lui de faire travailler son imagination. L’écriture est quant à elle très fluide, on retrouve un peu de tout des changements de points de vue, des lettres, chaque chapitre fait avancer notre intrigue petit à petit, et à chaque fois, on en découvre un petit peu plus sans jamais parvenir tout à fait au but. 

Un roman passionnant, au cœur du Bauhaus, historique, du secret familial, de quoi passer un bon moment. 

 

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La servante écarlate – Margaret Atwood

41O8X2mZ+DL._SX195_Difficile de passer à côté de ce livre, il est partout, il a un succès fou et d’autant plus remarqué que la série télévisée reprend le roman.

Une jeune femme Defred, enfermée dans une maison au service du Commandant, destinée à faire des enfants, puisque les femmes sont déclarées stériles. Dans cette prison dorée, on comprend vite que la jeune femme a eu une autre vie auparavant : un mari, un enfant. Mais un monde terrifiant semble s’être mis en place et avoir restreint toutes les libertés. Cette jeune femme s’évade alors par ses pensées, ses souvenirs. Dans cette nouvelle maison, elle doit accomplir sa mission : tomber enceinte, cependant, elle doit faire face aux volontés des personnages qu’elle rencontre, qui apportent chacun leur lot de surprises et d’inattendu.

Mon avis sur ce roman est assez mitigé. Au début l’histoire me semble  assez confuse, tout se mêle et pour un début, le lecteur peut être un peu perdu. Les choses se mettent en place petit à petit, le système est simple, nous sommes dans les pensées du personnage principal mais son point de vue oscille entre le passé  plus ou moins lointain et le présent. Les aller-retours d’une période à l’autre sont faits sous forme d’un va-et-vient permanent. Il faut s’habituer un peu. 

Ensuite, je trouve le roman assez prenant. Cette jeune fille prisonnière de sa condition, de cette société  dictatoriale est un personnage très attachant, on a envie d’un avenir meilleur pour elle après ce qu’on sait de son passé. La tension monte tout au long du roman avec l’envie d’en savoir toujours plus sur sa vie d’avant ou sur son futur. 
Les personnages sont très attachants, même ceux qu’on méprise au début, ont leurs faiblesses qui nous les rendent plus humains, plus abordables, au fond chacun cherche un peu de bonheur dans ce monde qu’ils subissent. 

Le deuxième déception vient de la fin du roman, certes, il se termine avec un semblant d’explication, mais justement, il est tellement lacunaire que c’est frustrant pour le lecteur. A nos questions, nous avons des bribes de réponses et aucune certitude sur la fin de notre personnage. J’ai trouvé cela tellement dommage, comme un goût d’inachevé. Certes, c’est très intéressant cette société, cette réflexion sur un monde qui perd les pédales, mais je trouve que cela ne va pas au fond des choses. 

J’ai bien aimé, mais j’ai passé un bon moment, mais sans plus. Je suis sûrement passée à côté du message de l’autrice. J’aurai aimé plus de détails, moins de sous-entendus. Cependant, j’ai trouvé l’écriture très poétique à certains moments, une belle plume. 
A lire pour une petite plongée dans un monde dictatorial, où la femme devient un objet de procréation. 

 

 

 

Les particules élémentaires – Michel Houellebecq

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Je n’avais encore jamais lu de Houellebecq, pourtant c’est un auteur qui fait souvent du bruit, dont les livres son beaucoup lus et en même temps un auteur très controversé. 

J’ai donc commencé ma découverte avec Les particules élémentaires, je ne vais pas dire jamais, mais je ne pense pas en relire… Je vais donc expliquer mon choix, mon ressenti de lecture. 

L’histoire est celle de deux frères qui sont dans la quarantaine, on a un bref aperçu de leur vie puis on remonte rapidement à leur enfance avant de revenir au présent. Et leur histoire ne peut être que dramatique, puisque le postulat de départ du livre est qu’un homme ou une femme, après 40 ans, entrent dans une nouvelle période de leur vie qui ne consiste qu’à attendre la mort tout en contemplant leur déchéance progressive…. Voilà, voilà, le décor est planté… 

Rien de bien réjouissant. 

Une vision très pessimiste de la vie, autant le savoir, rien de positif ne peut émerger, il ne faut pas s’attendre à un rebondissement positif et c’est cela qui m’a vraiment ennuyé. L’impression que tout est forcément noir et négatif, en fait j’ai trouvé cela trop extrême, une vision certes réaliste mais erronée de la vie. 

L’autre point négatif c’est le sexe. Le thème est vraiment omniprésent, le problème n’est pas l’existence du thème mais la récurrence. Pour comparer, ce roman à Vernon Subutex de Virginie Despentes où le sexe est très présent mais rien de pervers, rien de trop chez cette autrice. Ici, les remarques sur la société  pourraient être intéressantes mais elles sont noyées dans cet excès de sexe, de violence. Aucune empathie pour les personnages masculins, les personnages féminins ne sont pas non plus épargnés. 

C’est un roman que j’ai terminé, car s’il y a bien un point positif à ce roman c’est l’écriture, on ne peut nier ce talent à son auteur, une manière de manier les mots qui est incontestable. 

Donc un roman à ne pas lire si vous êtes dans une phase un peu noire de votre vie, à ne pas lire si vous approchez la quarantaine, à lire si vous avez envie de découvrir une vision noire de notre société. 

 

J’ai abandonné deux lectures

Je suis victime d’une panne de lecture, j’ouvre des livres mais je n’arrive pas à les terminer. Rien n’arrive pas à me satisfaire.

Le premier de ces romans non terminés c’est L’art de la joie de Goliarda Sapienza

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J’avais l’impression que ce roman avait tout pour me plaire. Présenté comme le destin d’une jeune femme Modesta née le 1er janvier 1900, elle construit son destin malgré une enfance qui n’est pas facile, elle va se construire toute seule.

Je suis parvenue à la page 250. Le début a été un choc, en effet c’est une héroïne peu conformiste et les 100 premières pages m’ont littéralement embarquée. Une femme qui découvre sa sexualité, qui doit faire face à l’inceste, puis au carcan que la religion lui impose et la manière dont elle va devenir une riche héritière. Une femme avant-gardiste pour son époque.

Tout me plaisait et franchement j’étais à fond, mais arrivé à la 250e page, j’avais l’impression que la narration patinait un peu. Je me suis arrêtée au retour de Carmine dans sa vie, une impression de déjà vu, le problème que cela correspond à une période où le personnage est dans une transition, où elle se cherche, se remet en question. Mais j’ai trouvé ça un peu trop long, un peu répétitif.

J’arrête ma lecture, même s’il est fort possible que je rate quelque chose, car ce roman a l’air de beaucoup plaire, d’avoir été un choc pour beaucoup de lecteurs. Mais il faut dire que c’est un pavé… Je ne sais pas si j’aurai l’envie d’y revenir, car je ne regrette pas d’arrêter mes lectures.

Le problème en ce moment, c’est que j’ai du mal à trouver une lecture qui soit satisfaisante pour moi.

J’ai alors commencé un autre roman : Une Odyssée de Daniel Mendelsohn. CVT_Une-Odyssee--Un-pere-un-fils-une-epopee_4121

Ce livre de la rentrée, je l’avais repéré depuis un moment, je trouvais très original d’écrire autour de l’Odyssée. Et il faut dire qu’au début cela commençait plutôt bien. Les rapprochements entre l’histoire d’un père et son fils entre l’histoire d’Ulysse et Télémaque c’était plutôt intéressant. 

Et en effet, au début, j’étais plutôt sous le charme, le père du narrateur suit le cours de son fils à l’université pendant un semestre, ce dernier est un professeur dispensant des cours sur l’Odyssée. On apprend très vite que le père va mourir après ce cours. Cela annonce un roman sensible, inspiré de l’histoire de l’auteur. 

En fait ce qui ne m’a pas plu, c’est que très vite le roman devient un peu un catalogue de connaissances, j’aurai aimé qu’elles soient dispensées de manière plus subtile, mais en réalité, le narrateur explique tout comme si le lecteur était un étudiant. C’est intéressant l’histoire des mots, j’adore mais franchement, là je trouvais ça un peu trop, comme si le narrateur faisait étalage de sa science, en revanche j’ai bien aimé les discussions autour de l’Odyssée qui sont retranscrites entre le professeur et ses étudiants. 

A la longue, cela m’a un peu ennuyé. Je ne retournai pas vers ce livre avec plaisir. J’ai donc arrêté. Je sors du mois de janvier assez déçu car caractérisé par beaucoup d’abandons, je ne trouvais pas ce que j’avais envie de lire. Je sors enfin de cette panne de lecture. 

 

 

Les enfants de Venise – Luca di Fulvio

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Après Le gang des rêves qui m’avait littéralement emporté, j’ai enchaîné avec Les enfants de Venise et si j’ai retrouvé les choses qui m’avaient enchantée dans le premier, j’ai été un peu moins enthousiaste avec ce roman.

C’est une histoire peu commune, d’une part les enfants sont les héros, ce que l’on trouve rarement en littérature adulte et surtout à Venise au XVIe siècle. L’environnement change vraiment par rapport à ce que je peux lire habituellement. Et c’est un vraiment un bon point, car même si j’aime beaucoup, j’en ai un peu assez de lire des choses sur la Seconde guerre mondiale et dernièrement j’ai mis un livre en pause car il m’a semblé avoir déjà lu quelque chose de similaire. Bref, revenons à ce roman.

La vie dans ce roman est très dure pour ces enfants, car ils sont orphelins, livrés à eux-mêmes et au vagabondage. Il s’agit avant tout de survivre. Cet univers que ce soit à Rome puis à Venise est très violent, surtout pour ces enfants qui n’ont que peu de repères, peu de protection et vont parfois se fier aux mauvaises personnes. Le lecteur n’est donc pas épargné, rien n’est jamais sûr, tout peut basculer d’une page à l’autre et vous met dans une tension telle qu’on ne peut qu’avancer pour connaître la fin.

C’est un roman très intéressant pour découvrir l’histoire de Venise, la construction du ghetto juif, la place de la religion et la sorcellerie. Et c’est l’histoire aussi dans une autre mesure d’une mafia, d’un gang et la manière dont on veut échapper aux carcans qu’on s’est parfois imposé pour retrouver la liberté. C’est aussi une belle histoire d’amour ce roman. 

Le petit moins c’est que j’ai trouvé le roman un peu manichéen, les bons personnages et les mauvais personnages s’affrontent, même si au cours du roman, rien n’est acquis et que le lecteur frémit, mais les personnages sont récompensés à la hauteur de leur bonté, de leur identité morale. C’est un peu trop visible, je trouve même si on st d’accord, le lecteur est plutôt satisfait. 

A lire pour s’immerger dans une ambiance, un univers peu ordinaire, pour vivre des rebondissements, pour trembler pour les personnages et être emporté dans cette quête de la liberté et de l’amour. 

Je me challenge avec un Zola – La fortune des Rougon

17196_858857J’ aime beaucoup Zola, à la question tu préfères Zola ou Balzac, c’est toujours le premier qui l’emporte ? Je n’ai lu que deux Zola, entièrement j’entends, Germinal et L’Assommoir. J’ai donc décidé pour cette année de lire le cycle des Rougon-Macquart en entier et si possible dans l’ordre. Je ne vais pas les enchaîner donc je vais y aller petit à petit.

Je commence donc avec La fortune des Rougon. Le roman ne commence pas véritablement par le début de l’arbre généalogique, car on commence avec Silvère et Miette. Et pout le début, on situe l’histoire plutôt avec le coup d’Etat de Napoléon. On ne sait qui sont ces personnages, ils sont Républicains et se révoltent. Ce n’est que dans la 2e partie que Zola remet tout en ordre si on peut le dire ainsi et présente Adélaïde et ses trois enfants : Pierre Rougon, Antoine Macquart et Ursule Macquart. Silvère étant le petit-fils d’Adélaïde et le fils d’Ursule qu’elle recueille après la mort de ses parents. 

On se focalise essentiellement sur l’histoire de Tante Dide, Pierre Rougon et celle de Silvère. Evidemment beaucoup d’autres personnages apparaissent qu’on retrouve dans les autres volumes mais un portrait rapide est brossé avant de les retrouver plus particulièrement. 

J’ai beaucoup aimé découvrir ce premier roman du cycle, celui qui pose les choses, qui met en place toute l’idée de Zola, certes une idée dépassée sur l’hérédité, même si cela fonde le projet, il n’en reste pas moins que c’est un beau projet de raconter ainsi toute une famille. Et j’ai retrouvé avec délice l’écriture de Zola, de belles phrases, de belles tournures, beaucoup de comparaisons avec la nature que ce soit l’histoire, l’amour, la ville. 

Plassans est magnifiquement décrite, le peuple aussi, une magie de sentir frémir le peuple, les rumeurs, on retrouve tout chez Zola : l’envie, la jalousie, le bonheur simple, l’acceptation, la résignation, que de sentiments contenus dans ses personnages. Cela est dit et raconté simplement mais tout est là et construit un personnage avec beaucoup de force, en quelques lignes, il est cerné. 

Ce fut, une belle lecture, enrichissante, je ne compte pas enchaîner de suite avec La Curée, je ne compte pas tout lire en une année, je vais à mon rythme, j’espère en lire un par mois environ, avec envie, je laisse reposer celui-là avant de découvrir la suite. 

Renouez avec les classiques avec La fortune des Rougon. 

 

J’ai découvert Winter de Rick Bass

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Je ne connaissais absolument pas cet auteur, je l’ai découvert grâce à My Book Box, le thème sur la neige m’a tout de suite attirée, je ne suis pas forcément portée naturellement vers le nature writing, mais j’avais bien envie de tenter autre chose.

Rick Bass tient un journal de son installation avec sa compagne dans la vallée du Yaak dans le Montana de son installation à l’automne jusqu’au printemps environ. C’est une vallée froide, les hivers sont rigoureux, les fermes sont très isolées. C’est un endroit coupé du monde, un univers à part, idéal pour se retirer et écrire. Le narrateur- auteur est un habitant du sud du pays, beaucoup plus habitué à la chaleur, mais il va opérer un changement radical dans sa vie pour réaliser ce qu’il sent être un besoin, un rêve : vivre loin des autres.

Une vie très particulière car il n’y a pas le téléphone, il faut se prémunir de l’hiver comme on peut, en faisant des réserves de bois impressionnantes. Rick va donc devenir un vrai bûcheron, il va apprendre à manier la tronçonneuse, à l’aiguiser, à avoir le nécessaire, au cas où, car la vie peut vite basculer lorsqu’on est loin de tout. On va donc suivre sa vie, ses réflexions sur cet endroit, sur le monde car forcément être isolé vous permet de relativiser, de prendre du recul par rapport au rythme effréné de nos vies.

C’est aussi un très beau roman sur les arbres, l’auteur est un véritable défenseur de la nature, de la forêt, de ces gros mélèzes, témoins de notre monde qu’on abat pour se chauffer, jusqu’à épuisement. C’est une ode à la nature, tous les bienfaits de nature sont évoqués, le silence, la vie qui surgit malgré la rigueur du froid, le renouveau. C’est aussi à travers cet hommage à l’hiver, à son silence, sa dureté, un écrit qui sert de témoignage à la nature présente mais aussi celle passée, qui n’est plus car détruite par les hommes. En cela, le récit amène le lecteur à réfléchir sur la puissance de la nature et sur sa vulnérabilité. 

Une véritable déclaration d’amour à l’hiver et pourtant dans cet écrit, on ne peut pas dire que c’est une saison réjouissante mais ce qui ravit l’auteur c’est justement tout ce qu’on pourrait reprocher à l’hiver : les contraintes qu’il apporte, le froid, l’isolement mais c’est tout à la fois le calme et le silence, la magie de la neige. De très belles descriptions à ce sujet. Et c’est aussi une saison qui amène à tout remettre en perspective, ainsi l’auteur nous invite par de belles formules à réfléchir sur notre monde dans son ensemble, nos rythmes de vie. Clairement, je ne sais pas si je serai capable de rester aussi isolée, même accompagnée, mais cela fait envie de se retirer, au calme, près d’un feu pour lire, être hors du temps. C’est un peu ce que cette lecture propose.

Une belle découverte, à lire pour voyager, pour découvrir d’une certaine manière un autre monde.

J’ai lu La Dame en Blanc – William Wilkie Collins

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Grand bouleversement en 2018, j’ai une liseuse… Au départ peu convaincue, parce que j’aime beaucoup le livre, mais il faut se rendre à l’évidence, le livre prend aussi beaucoup de place, j’essaie de ne garder ou d’acheter que les livres que j’ai vraiment envie de conserver pour les relire ou non. Bref, toute cette introduction pour dire que La Dame en blanc est le livre que j’ai lu pour la première fois sur ma liseuse. Tout ça pour ça…

C’est un roman que je ne connaissais absolument pas, je l’ai découvert en lisant des blogs, très souvent, on disait que c’était un classique de la littérature anglaise et qu’il plaisait beaucoup. Influençable, comme je suis, je me suis donc lancée.

La Dame en Blanc, c’est l’histoire d’un professeur de dessin qui est embauché dans une maison pour éduquer deux jeunes sœurs, l’une va bientôt se marier, l’autre est déjà pour l’époque, une vieille fille. Elle ne se mariera pas, même si elle n’a qu’une vingtaine d’années. Le professeur tombe amoureux de la jeune fille qui doit se marier sous peu, promise par son père dès son plus jeune âge à un homme bien plus âgé qu’elle pour une histoire d’amitié. Même si l’amour pour le professeur de dessin est réciproque, elle ne peut aller à l’encontre de cette décision.

Le mariage va donc se réaliser, le professeur va se retirer, mais c’est à partir de là que la tension monte dans le roman car le mari endetté soit dit en passant, semble contrarié par son épouse et tout semble indiqué qu’on cherche à l’isoler, voire l’éliminer… Donc tout le sel de ce roman va être de suivre les témoignages des différents personnages lors de l’enquête qui a lieu. On n’est pas vraiment dans le policier mais le lecteur prend part à un mystère, celui de la dame en blanc qui va avoir un rôle important tout au long de cette histoire. On mêle plusieurs ambiances dans ce roman, au départ, on a presque l’impression d’un roman fantastique, car ce personnage est un peu fantomatique, vu son nom, son absence d’identité, sa manie de n’apparaître que furtivement. Puis petit à petit, il s’agit d’un mystère qui s’ancre davantage dans le réel avec une intrigue amoureuse, des histoires d’héritage, d’argent. 

Ce roman m’a clairement rappelé ma lecture de Ma cousine Rachel de Daphné du Maurier, une ambiance un peu feutrée, des demeures anglaises, des personnages suspects, des intrigues, de l’amour, de l’amitié. Vraiment, beaucoup de similitudes dans l’ambiance, dans l’intrigue. J’ai adoré, je me suis plongée avec beaucoup de plaisir dans cette atmosphère et ce mystère, car même si on pressent certaines choses, les révélations se font au fur et à mesure, et tout n’est vraiment révélé qu’à la fin. 

Une lecture anglaise comme on les aime, du mystère, des personnages étranges, de l’amour et le tour est joué, vous voilà embarqué dans les pages de ce roman.

J’ai lu Nos richesses de Kaouther Adimi

CVT_Nos-Richesses_2302Une lecture de la rentrée littéraire, qui a été sélectionnée dans de nombreux prix littéraires, il a été récompensé par le prix Renaudot des lycéens et le prix du Style 2017.

Ce livre, sans mauvais jeu de mots, est d’une richesse incroyable… Oui, oui, c’est un peu mauvais… Ce livre raconte l’histoire assez incroyable d’un éditeur qui contre vent et marée, c’est-à-dire la seconde guerre mondiale, la décolonisation va tenter de publier des auteurs en Algérie, à Alger précisément puis à partir dans une librairie, maison d’édition et lieu d’exposition d’artistes.

Ce roman c’est tout d’abord une ambiance, une magnifique description d’Alger et de cette rue Charras, maintenant rue Hamani, ce sont ses habitants, ses commerçants, à l’abord peu sympathique mais qui cache un peu leur bon fond.

Ce roman c’est surtout une épopée incroyable dans un monde littéraire, d’intellectuels comme Camus, Jean Amrouche, Mouloud Feraoun, Saint-Exupéry, Jules Roy et j’en oublie bien d’autres. Ce roman donne envie de les lire tous, de les découvrir pour certains, car l’autrice nous en donne un avant-goût par de belles citations. Cela donne envie lire Noces d’Albert Camus, que je ne connais pas, j’ai déjà lu La Peste, mais Noces semble avoir quelque chose de particulier, d’enchanteur. Et enfin, ce roman m’a donné envie de lire Giono et surtout Les Vraies Richesses, dont j’ai lu quelques extraits, une écriture très poétique. 

Ce roman est assez envoûtant, il vous transporte dans les années 40 et 50 dans ce petit monde d’intellectuels qui communiquent, qui écrivent, qui réfléchissent, qui se brouillent aussi, mais cela donne terriblement envie aussi de se renseigner sur ces personnalités. Pour moi, en tout cas, Edmond Charlot a été une véritable découverte, je suis peut-être inculte, mais je n’avais jamais entendu parler de cette maison d’édition, de ce personnage central qui a vivifié la création littéraire méditerranéenne. Un personnage d’un courage, d’une conviction comme il semble qu’il en existe peu aujourd’hui. On peut s’interroger sur le manque d’intellectuels en France, je parle de cette figure qui serai au-devant de la scène, aujourd’hui, tout va vite, les réactions se font à chaud, la rentrée littéraire efface les livres précédents, on a l’impression d’une rapidité, rythme non imposé pour Edmond Charlot qui certes précède ses romans aux grands prix littéraires mais il publie ce qu’il aime vraiment, ce qui le convainc vraiment. 

L’écriture de ce roman est aussi particulière, on est plongé dans cet univers à travers le journal d’Edmond Charlot, écriture lapidaire, concise qui alterne avec des passages où le narrateur évoque un personnage contemporain Ryad qui ne comprend pas tous les enjeux de cette librairie qu’il doit vider, il découvre alors les bribes de cet univers, les voisins, les gens touchés par cette librairie, par la présence des livres à Alger, par cet espace de liberté qui existe à travers les livres. 

Il faut découvrir cette histoire passionnante, découvrir tous les enjeux de l’histoire algérienne à travers l’histoire de cet éditeur. Ce livre est un avant-goût qui donne envie d’en découvrir plus. 

 

 

 

 

Cœur-Naufrage – Delphine Bertholon

CVT_Coeur-naufrage_8959Ce roman est un de mes derniers coups de cœur de 2017 : Cœur-Naufrage, Delphine Bertholon, J-C Lattès (01/03/2017). 

Ce roman m’a bouleversé et tout au long de la lecture ce sentiment ne faisait que croître. 
L’histoire est magnifique, même si elle est très difficile. C’est l’histoire d’une jeune femme d’une trentaine d’années qui n’est pas épanouie dans sa vie qu’elle soit amoureuse, d’un point de vue de son développement personnel, même professionnellement elle n’a pas confiance en elle. On découvre petit à petit ce qui a pu se passer dans l’adolescence de cette jeune femme pour qu’elle soit ainsi, un événement a bouleversé sa vie, l’a changé à jamais, même si elle a tenté d’en effacer les traces dans sa vie. 

L’autrice nous raconte alors cette femme, un personnage féminin somme toute banale, dans lequel toute femme pourrait se reconnaître facilement, pas dans le drame qu’elle vit mais dans ses interrogations sur la vie, celles qu’on peut tous avoir : « et si… ». Un roman sur les choix que l’on fait dans la vie et sur ceux que l’on ne fait pas, que l’on nous impose. C’est le même genre d’interrogations que dans Miss Cyclone de Laurence Peyrin, l’événement n’est pas si différent mais le traitement et l’avenir est traité de manière différente. Ce sont des interrogations intéressantes et qui me touchent particulièrement.

Ce roman est aussi magnifique par son écriture. L’écriture est en effet percutante et à la fois fine, derrière une phrase, on perçoit quelque chose d’autre que ce soit terrible ou plein d’espoir. Beaucoup d’émotions traversent ce roman, il est très touchant, dramatique mais il est aussi plein de joie et d’espoir. C’est ce contraste qui révèle encore sa beauté.

Un roman coup de poing et coup de cœur à la fois.