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J’ai lu La Dame en Blanc – William Wilkie Collins

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Grand bouleversement en 2018, j’ai une liseuse… Au départ peu convaincue, parce que j’aime beaucoup le livre, mais il faut se rendre à l’évidence, le livre prend aussi beaucoup de place, j’essaie de ne garder ou d’acheter que les livres que j’ai vraiment envie de conserver pour les relire ou non. Bref, toute cette introduction pour dire que La Dame en blanc est le livre que j’ai lu pour la première fois sur ma liseuse. Tout ça pour ça…

C’est un roman que je ne connaissais absolument pas, je l’ai découvert en lisant des blogs, très souvent, on disait que c’était un classique de la littérature anglaise et qu’il plaisait beaucoup. Influençable, comme je suis, je me suis donc lancée.

La Dame en Blanc, c’est l’histoire d’un professeur de dessin qui est embauché dans une maison pour éduquer deux jeunes sœurs, l’une va bientôt se marier, l’autre est déjà pour l’époque, une vieille fille. Elle ne se mariera pas, même si elle n’a qu’une vingtaine d’années. Le professeur tombe amoureux de la jeune fille qui doit se marier sous peu, promise par son père dès son plus jeune âge à un homme bien plus âgé qu’elle pour une histoire d’amitié. Même si l’amour pour le professeur de dessin est réciproque, elle ne peut aller à l’encontre de cette décision.

Le mariage va donc se réaliser, le professeur va se retirer, mais c’est à partir de là que la tension monte dans le roman car le mari endetté soit dit en passant, semble contrarié par son épouse et tout semble indiqué qu’on cherche à l’isoler, voire l’éliminer… Donc tout le sel de ce roman va être de suivre les témoignages des différents personnages lors de l’enquête qui a lieu. On n’est pas vraiment dans le policier mais le lecteur prend part à un mystère, celui de la dame en blanc qui va avoir un rôle important tout au long de cette histoire. On mêle plusieurs ambiances dans ce roman, au départ, on a presque l’impression d’un roman fantastique, car ce personnage est un peu fantomatique, vu son nom, son absence d’identité, sa manie de n’apparaître que furtivement. Puis petit à petit, il s’agit d’un mystère qui s’ancre davantage dans le réel avec une intrigue amoureuse, des histoires d’héritage, d’argent. 

Ce roman m’a clairement rappelé ma lecture de Ma cousine Rachel de Daphné du Maurier, une ambiance un peu feutrée, des demeures anglaises, des personnages suspects, des intrigues, de l’amour, de l’amitié. Vraiment, beaucoup de similitudes dans l’ambiance, dans l’intrigue. J’ai adoré, je me suis plongée avec beaucoup de plaisir dans cette atmosphère et ce mystère, car même si on pressent certaines choses, les révélations se font au fur et à mesure, et tout n’est vraiment révélé qu’à la fin. 

Une lecture anglaise comme on les aime, du mystère, des personnages étranges, de l’amour et le tour est joué, vous voilà embarqué dans les pages de ce roman.

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J’ai lu Nos richesses de Kaouther Adimi

CVT_Nos-Richesses_2302Une lecture de la rentrée littéraire, qui a été sélectionnée dans de nombreux prix littéraires, il a été récompensé par le prix Renaudot des lycéens et le prix du Style 2017.

Ce livre, sans mauvais jeu de mots, est d’une richesse incroyable… Oui, oui, c’est un peu mauvais… Ce livre raconte l’histoire assez incroyable d’un éditeur qui contre vent et marée, c’est-à-dire la seconde guerre mondiale, la décolonisation va tenter de publier des auteurs en Algérie, à Alger précisément puis à partir dans une librairie, maison d’édition et lieu d’exposition d’artistes.

Ce roman c’est tout d’abord une ambiance, une magnifique description d’Alger et de cette rue Charras, maintenant rue Hamani, ce sont ses habitants, ses commerçants, à l’abord peu sympathique mais qui cache un peu leur bon fond.

Ce roman c’est surtout une épopée incroyable dans un monde littéraire, d’intellectuels comme Camus, Jean Amrouche, Mouloud Feraoun, Saint-Exupéry, Jules Roy et j’en oublie bien d’autres. Ce roman donne envie de les lire tous, de les découvrir pour certains, car l’autrice nous en donne un avant-goût par de belles citations. Cela donne envie lire Noces d’Albert Camus, que je ne connais pas, j’ai déjà lu La Peste, mais Noces semble avoir quelque chose de particulier, d’enchanteur. Et enfin, ce roman m’a donné envie de lire Giono et surtout Les Vraies Richesses, dont j’ai lu quelques extraits, une écriture très poétique. 

Ce roman est assez envoûtant, il vous transporte dans les années 40 et 50 dans ce petit monde d’intellectuels qui communiquent, qui écrivent, qui réfléchissent, qui se brouillent aussi, mais cela donne terriblement envie aussi de se renseigner sur ces personnalités. Pour moi, en tout cas, Edmond Charlot a été une véritable découverte, je suis peut-être inculte, mais je n’avais jamais entendu parler de cette maison d’édition, de ce personnage central qui a vivifié la création littéraire méditerranéenne. Un personnage d’un courage, d’une conviction comme il semble qu’il en existe peu aujourd’hui. On peut s’interroger sur le manque d’intellectuels en France, je parle de cette figure qui serai au-devant de la scène, aujourd’hui, tout va vite, les réactions se font à chaud, la rentrée littéraire efface les livres précédents, on a l’impression d’une rapidité, rythme non imposé pour Edmond Charlot qui certes précède ses romans aux grands prix littéraires mais il publie ce qu’il aime vraiment, ce qui le convainc vraiment. 

L’écriture de ce roman est aussi particulière, on est plongé dans cet univers à travers le journal d’Edmond Charlot, écriture lapidaire, concise qui alterne avec des passages où le narrateur évoque un personnage contemporain Ryad qui ne comprend pas tous les enjeux de cette librairie qu’il doit vider, il découvre alors les bribes de cet univers, les voisins, les gens touchés par cette librairie, par la présence des livres à Alger, par cet espace de liberté qui existe à travers les livres. 

Il faut découvrir cette histoire passionnante, découvrir tous les enjeux de l’histoire algérienne à travers l’histoire de cet éditeur. Ce livre est un avant-goût qui donne envie d’en découvrir plus. 

 

 

 

 

Cœur-Naufrage – Delphine Bertholon

CVT_Coeur-naufrage_8959Ce roman est un de mes derniers coups de cœur de 2017 : Cœur-Naufrage, Delphine Bertholon, J-C Lattès (01/03/2017). 

Ce roman m’a bouleversé et tout au long de la lecture ce sentiment ne faisait que croître. 
L’histoire est magnifique, même si elle est très difficile. C’est l’histoire d’une jeune femme d’une trentaine d’années qui n’est pas épanouie dans sa vie qu’elle soit amoureuse, d’un point de vue de son développement personnel, même professionnellement elle n’a pas confiance en elle. On découvre petit à petit ce qui a pu se passer dans l’adolescence de cette jeune femme pour qu’elle soit ainsi, un événement a bouleversé sa vie, l’a changé à jamais, même si elle a tenté d’en effacer les traces dans sa vie. 

L’autrice nous raconte alors cette femme, un personnage féminin somme toute banale, dans lequel toute femme pourrait se reconnaître facilement, pas dans le drame qu’elle vit mais dans ses interrogations sur la vie, celles qu’on peut tous avoir : « et si… ». Un roman sur les choix que l’on fait dans la vie et sur ceux que l’on ne fait pas, que l’on nous impose. C’est le même genre d’interrogations que dans Miss Cyclone de Laurence Peyrin, l’événement n’est pas si différent mais le traitement et l’avenir est traité de manière différente. Ce sont des interrogations intéressantes et qui me touchent particulièrement.

Ce roman est aussi magnifique par son écriture. L’écriture est en effet percutante et à la fois fine, derrière une phrase, on perçoit quelque chose d’autre que ce soit terrible ou plein d’espoir. Beaucoup d’émotions traversent ce roman, il est très touchant, dramatique mais il est aussi plein de joie et d’espoir. C’est ce contraste qui révèle encore sa beauté.

Un roman coup de poing et coup de cœur à la fois.  

 

Miss Cyclone – Laurence Peyrin

51to1MtH7nL._SX195_Première lecture de 2018  : Miss Cyclone de Laurence Peyrin, je l’ai beaucoup vu et j’en ai entendu parler en bien, je me suis donc lancée, je ne me souvenais plus des résumés qui en avaient été faits, je me suis donc lancée sans trop d’a priori, ne m’attendant pas à beaucoup. 

J’ai été plutôt agréablement surprise, je ne parlerai pas ici d’un coup de cœur, mais c’est un roman qui m’a beaucoup plu. J’ai été embarqué dans l’histoire de ces quatre jeunes, à des étapes clés de leur vie et qui coïncident avec des moments forts de l’histoire américaine contemporaine. C’est un concept assez original de faire un parallèle entre l’histoire de la société et l’histoire particulière des personnages. 

C’est un roman avant tout centré sur l’amour, en effet il s’agit avant tout des aventures amoureuses de deux filles et deux garçons de 17 ans puis dans la trentaine en 1998 et en 2001 pour finir. On n’est pas du tout dans la romance, car le roman est plutôt violent d’un point de vue de la situation amoureuse des personnages, on est loin des sentiments tout mignons que peuvent éprouver de jeunes adolescents, ils sont confrontés à des décisions et des événements très graves. Le roman aborde des thèmes difficiles et fait réfléchir essentiellement sur l’amitié, les engagements qu’on prend dans la vie, les décisions qu’on peut prendre ou que les autres prennent pour nous et qui dessinent alors notre vie. De ce point de vue c’est une réflexion très riche, très intéressante. 

Je me suis sentie tout particulièrement touchée par ce roman, je pense que je suis assez proche des personnages pour me sentir un peu concernée par ces problématiques, à savoir que j’ai déjà un petit passé et un certain recul pour savoir quelles sont les décisions qui ont été bonnes ou non pour moi.  Mais j’ai l’envie de ne plus refaire les mêmes erreurs et de se projeter sur de nouveaux projets tout en gardant comme le personnage d’Angela, une certaine appréhension pour ce qui pourrait me faire sortir de mon confort. 

Le petit moins que je pourrai faire pour ce roman, c’est quelques formulations qui m’ont semblé un peu bateau, un peu cliché, sur l’amitié, sur la vie. Je ne dis pas que ce ne sont pas des formules justes,  mais en fait elles sont présentes et voudraient apporter un peu d’émotion et nous permettre de généraliser sur la vie, voire de philosopher, mais je n’ai pas trouvé cela très utile, cela semblait ajouter au discours. C’est le seul bémol que je me permets car sinon j’ai trouvé certaines trouvailles assez intéressantes (pour ceux qui ont lu le roman, j’ai adoré l’idée d’être le monstre de quelqu’un) et surtout je me suis laissée embarquer dans cette histoire et j’ai adoré partagé la vie de ces personnages, j’ai même un peu tremblé pour eux. 

Ce fut une bonne lecture, facile, sans prise de tête mais sensible tout de même.

Le grand livre des robots – Asimov

 

 

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Le grand livre des Robots, 1.Prélude à Trantor – Isaac Asimov, éditions Omnibus.

Difficile de résumer ce livre, étant donné qu’il s’agit d’un groupement de textes : des nouvelles tout d’abord, classées non selon l’ordre chronologique, mais classées par thématiques, les robots humains, les machines, les robots qui ont un cœur (paradoxal… mais tellement troublant) les robots qui souffrent… Voici un peu tout ce qu’on peut y trouver… Chaque thématique ou groupement est présenté d’un commentaire, d’une justification en quelque sorte.
Pour moi, ce fut une véritable découverte, je ne connaissais Asimov uniquement de nom, l’occasion était trop belle de lire ce qu’il avait écrit sur les robots, les nouvelles ainsi que Les cavernes d’acier et Face aux feux du soleil deux histoires bien plus longues. Quand on voit que ce livre est un tome I, on se rend compte à quel point l’auteur a été prolixe.
Ce que j’ai beaucoup aimé et ce qui rend ce livre intéressant, c’est qu’autour des trois lois de la robotique, Asimov propose toute une déclinaison d’histoires sur les robots mais davantage encore sur l’humanité. Beaucoup de réflexions émanent de ce roman sur les hommes, leur manière de traiter les choses, de les exploiter, comment ils peuvent être avides de nouveautés ou attachés à ces robots comme s’ils étaient des humains, comment ils peuvent être haïs aussi.
Quant à l’édition, 1000 pages de lecture, une écriture petite sur du papier très fin, en effet le livre est dense, une couverture très souple, ce n’est pas la couverture qui m’aurait attiré spontanément vers ce roman, mais d’un point de vue lecture, il y a largement de quoi se régaler quand on aime la science-fiction et pour ceux qui sont moins fans, c’est plutôt sympa de se dire qu’on peut piocher et lire quelques nouvelles de temps. Asimov étant une référence, je suis contente d’avoir ce livre.
Au niveau du style, je ne suis pas toujours à l’aise, certaines histoires m’on semblé décousues, certains faits semblent passer sous silence ou sous-entendus, alors il faut s’accrocher. Dans d’autres histoires, au contraire, l’écriture est plus fluide, peut-être plus tournée vers l’émotion, le lecteur est alors plus facilement happé par la lecture.
Bref, à lire autant pour découvrir les histoires que réfléchir à l’homme.

Reçu dans le cadre de Masse Critique avec Babelio.

J’ai lu Point Cardinal de Léonor de Recondo

414hK00jKtL._SX195_J’ai lu Point Cardinal – Léonor de Recondo – Editions Sabine Wespieser – 24/08/2017  ou l’art de se laisser influencer et d’être déçue.

Le problème avec les romans dont on n’entend que des éloges, c’est qu’on a hâte de les lire mais qu’après les avoir lus, souvent, pas toujours, je suis assez déçue… Qu’on soit clair, je ne suis pas déçue du roman, je l’ai beaucoup aimé mais peut-être pas autant que je l’avais imaginé, pas autant que tout ce que j’ai pu lire comme avis sur ce roman. 

Léonor de Recondo est une autrice que j’affectionne particulièrement, je l’ai découverte cette année et j’ai adoré. J’ai commencé par Pietra Viva qui met en scène Michel-Ange et Amours qui m’avait particulièrement bouleversée. J’aime beaucoup son style, cette manière de nous emmener vers l’extraordinaire par des chemins intimes, des sentiments refoulés qui nous submergent. Je trouve que c’est toujours très beau, tout en finesse. Quand j’ai vu que sortait Point Cardinal, je savais que je le lirais. Je n’avais pas besoin d’écouter les avis d’autres lecteurs ou regarder des émissions littéraires. Je voulais suivre ce qu’elle écrivait.

Le problème, c’est qu’entre ce qu’on pense et ce qu’on fait réellement, il y a un écart. Et j’ai lu des avis sur ce roman, regardé une émission littéraire et tout cela n’a fait que me conforter dans mon envie de lire ce roman. Des éloges, beaucoup, presque uniquement. Donc l’autrice ne me décevrait pas, j’en étais persuadée et le résumé me semblait conforme à ce qu’elle faisait d’habitude, écrire des histoires intimes, le rapport au corps, à l’amour. 

Je l’ai donc lu, et évidemment que l’histoire est magnifique, celle de cet homme qui ne comprend pas pourquoi depuis enfant, il ne se sentait pas lui-même dans ce corps qu’il a apprivoisé mais dans lequel il n’est pas à l’aise, il s’est adapté et a mené comme tout le monde, une vie conforme à ce que la société attend de nous : construire une famille. Mais il arrive un moment, où l’on ne peut plus se mentir et c’est ce qui arrive au personnage que l’on suit, père de famille, marié, aimant sa femme, il ne veut plus de ce corps. Comment accepter d’être soi-même et le faire accepter aux autres, alors que la décision est la plus simple que l’on puisse prendre : être tout simplement heureux et en accord avec soi-même ? 

J’ai beaucoup aimé ce roman, j’ai trouvé cette histoire bouleversante, magnifique. On ne suit pas uniquement l’histoire de cet homme, c’est aussi celle de son entourage, sa femme d’abord, ses enfants, ses collègues. Comment chacun accepte, refuse, essaie de changer l’autre ? C’est terrible parfois. Mais ce qui est beau et qui change dans la manière d’aborder le sujet, c’est que pour le personnage, le cheminement est complexe mais il se fait de manière résolue, sans jugement, un point de vue que l’on n’a jamais, on entend souvent le point de vue des autres, mais jamais celui de l’intéressé, alors qu’ici, on a enfin sa vision, une finesse psychologique extrême pour ce sujet. 

Mais alors me direz-vous, tu as beaucoup aimé ? Oui, j’ai adoré, mais je me suis souvenue, de tous ces éloges et commentaires que j’avais lus précédemment, et cette lecture a été rapide, facile, sensible, mais je m’attendais à quelque chose d’extraordinaire et finalement, oui, je l’ai beaucoup aimé, je lirai encore cette autrice. En fait, je crois que je m’attendais à être bluffée par cette lecture et en réalité, j’en attendais trop. Evidemment ce n’est pas la première fois que ça m’arrive, ni que ça arrive à beaucoup d’autres lecteurs, mais j’ai l’impression d’avoir raté quelque chose avec ce roman. 

Cela me pousse d’autant plus à respecter mon rythme de lecture, mes envies du moment, à ne pas précipiter la rencontre avec un livre, ne pas céder aux sirènes tout simplement… Ne pas se laisser influencer, c’est le plus difficile… Un point lecture un peu différent pour une lecture qui a été un peu différente. 

Le gang des rêves – Luca Di Fulvio

51SuNX2sUdL._SX210_Le gang des rêves – Luca Di Fulvio, Pocket, 04/05/2017

Un auteur dont j’entends beaucoup parler, encore jamais lu, je me suis dit qu’il était temps, les avis sont généralement positifs autour de ce roman, et le mien ne fera pas exception à la règle. 

L’histoire c’est celle de Cetta, une italienne, qui quitte l’Italie pour offrir une vie meilleure à son fils : Christmas ! Drôle de nom ! Mais évidemment, le rêve américain, c’est beaucoup de désillusions, jusqu’à ce que la vie de Christmas soit bouleversée par sa rencontre avec Ruth, une jeune juive qu’il rencontre dans de sombres circonstances, mais tous les deux vont se lier et s’aider, se soutenir, devenir l’un pour l’autre une raison de poursuivre. Mais les choses ne se passent jamais comme dans nos rêves.

J’ai vraiment aimé ce roman, d’une part, j’apprécie que ce soit un long pavé, car on s’immerge totalement dans une ambiance pour un long moment, on découvre les personnages. Et la force de ce roman, ce sont les personnages, le héros évidemment est un être qui nous éblouit par son courage, sa ténacité et son talent : celui de raconteur d’histoires. Mais ce n’est pas tout, le roman ne serait rien sans les personnages secondaires, Cetta la mère dont on suit les aventures au début et sa rencontre avec Sal, le mafieux au cœur tendre. Tous ces personnages sont attendrissants et ont un rôle à jouer, même l’énervant Joey.

Et c’est aussi une formidable fresque sur New-York dans les années 20, la mafia, les gangsters, les arnaques et l’espoir de s’en sortir. Rien n’est propre dans ce roman, on vit avec le personnage dans les bas-quartiers, toute une ambiance, la ségrégation, les clans, le racisme, l’antisémitisme, la prohibition, le sexe. Rien n’est laissé de côté, tout est dit. Le lecteur n’est jamais bercé d’illusions, si les choses peuvent se terminer de manière favorable pour les personnages, l’auteur aura eu le plaisir de traîner les personnages dans des malheurs terribles, nous laisser découvrir leurs travers, leurs déchéances. Mais c’est un roman résolument optimiste, et Christmas nous guide dans cette épopée new-yorkaise. 

J’ai adoré de l’histoire à l’écriture, on passe un bon moment. Une bonne immersion dans New-York, loin d’une image idéalisée, et on voyage aussi en Californie, on découvre Hollywood et les bas-fonds, le revers de la médaille. On voyage donc aussi pas mal dans le roman, on suit différents personnages, des époques différentes et tout cela crée chez le lecteur une envie de poursuivre, de plonger encore et encore et connaître le fin mot de l’histoire. 

Vrac – lectures mitigées

J’essaie de retranscrire ici tous mes avis de lecture, en général, je ne lis que ce qui me fait envie et j’aime généralement beaucoup de mes lectures, mais parfois, je sèche un peu, je n’adhère pas vraiment, alors je passe…

51foyivib-l-_sx195_C’est le cas de cette lecture, Le pays des rêves oubliés de Lavinia Petti, 2017, éditions du Seuil. Je l’ai abandonnée au milieu du livre. 

C’est l’histoire d’un homme qui se rend compte qu’il a oublié une femme, cependant il trouve des traces de son passage dans sa vie, c’est alors qu’il fait le voyage pour Tirnaïl, afin de découvrir pourquoi ce souvenir a été oublié, c’est en effet le royaume des choses oubliées. 

Il va revoir cette femme et va devoir comprendre pourquoi il a choisi d’oublier, malgré ses deux compagnons de voyage, il va devoir affronter plusieurs pièges et déjouer les intentions malhonnêtes de nombreux personnages notamment le Comte… 

En fait, je ne saura dire ce qui m’a déplu dans ce roman, j’ai eu un peu de mal à entrer dans l’univers, j’ai même l’impression que je regrette le fait de ne pas connaître la fin, mais je ne prenais pas vraiment de plaisir à le lire ni à le reprendre. Il vaut mieux écourter afin de ne pas se dégoûter. C’est un univers onirique assez intéressant, peut-être n’est-ce pas mon genre de lecture, je ne suis pas très fantastique de manière générale. 

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Voici ma deuxième lecture : Hygge, se réjouir des choses simples de Pia Edberg, éditions Dunod, 2017. 

A la différence du premier, celui-ci, je l’ai terminé. J’étais curieuse de découvrir ce qu’était le Hygge dont tout le monde parlait l’hiver dernier, je me suis mise un peu à la page. Bon c’est une lecture rapide à faire, pas de grand bouleversement, en fait beaucoup de bon sens et surtout une manière de prôner le slow living en évitant tout ce qui est chronophage dans notre vie notamment les réseaux sociaux, tout ce qui est électronique, savoir tout simplement profiter de l’instant et profiter avec peu. 

Je n’ai rien trouvé de révolutionnaire, je n’aurai pas la prétention de dire que je pratiquai le Hygge de moi-même, mais j’ai pris quelques conseils, le reste est aussi beaucoup de bon sens. Je suis plutôt adepte du slow living de manière générale, même si cela est difficile à mettre en place dans notre vie de tous les jours. Un livre intéressant mais sans plus. 

Bakhita – Véronique Olmi

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Bakhita, Véronique Olmi, Albin Michel, 23/08/2017

Bakhita est un roman dont on a beaucoup entendu parler au moment de sa sortie, et petit à petit il s’est retrouvé dans les derniers carrés des prix littéraires, jusqu’à remporter le prix du roman Fnac. J’ai aussi beaucoup lu d’avis positifs de lecteurs. Je me suis laissée tenter par ce roman. 

Ce que j’ai aimé dans ce roman, c’est tout d’abord la découverte d’une histoire incroyable. C’est une belle histoire qui commence dans la douleur et l’atrocité, en effet la jeune fille est enlevée dans son village du Darfour et à partir de ce moment, sa vie n’est plus qu’une tragédie. Impossible pour elle de retrouver d’où elle vient, même par la suite, elle oublie sa langue et son nom. De propriétaires en propriétaires, elle va œuvrer pour se retrouver en Italie, pays dont elle sent qu’elle sera protégée. Mais en Italie, c’est un peu la même chose, elle n’a pas vraiment d’identité, elle est toujours domestique, au service de quelqu’un. Tout va changer le jour, où une seule fois, elle osera dire non. Ce mot changera sa vie. 

J’ai aussi beaucoup aimé l’écriture, beaucoup de sensibilité et de belles phrases remplies d’émotion. C’est assez banal pour ce type d’histoire, mais c’est très poétique, c’est une façon de percevoir l’Afrique. Mais ce que j’ai aimé, dans le style de l’autrice, c’est la manière, dont, dans une seule phrase, une seule expression, elle scelle le sort du personnage, une phrase sans appel qui nous donne sans ambages le futur proche du personnage. De ce fait, on alterne entre la sensibilité de l’écriture, du personnage et des phrases très concises et précises. 

J’ai adoré dans ce roman c’est l’idée qui est développé, à savoir le regard de l’européen sur l’africain, cette manière de penser, de retirer toute humanité à l’autre, la manière dont on veut le soumettre. Bakhita ne dispose que peu d’elle même, en réalité, jamais elle ne fera de vrais choix, sauf une fois en vérité quand elle dira non. Du fait de sa couleur de peau, elle vit selon le bon vouloir d’une autorité qui changera beaucoup, qui se servira de prétexte différent. C’est ce qui fait qu’on a beaucoup d’empathie pour ce personnage, tous ses malheurs et en même temps cette force de caractère qui fait que jamais le personnage ne va ployer sous la tristesse. En réalité, c’est une vraie leçon ce roman, on ne peut enlever à quelqu’un son humanité, son espoir, sa vie intérieure qui est de plus en plus riche à mesure qu’on veut détruire le corps de l’autre. Bakhita ne ploiera jamais. 

Un roman passionnant, très intéressant, sensible. Une véritable épopée avec une héroïne extraordinaire. 

 

Le goût du bonheur – Marie Laberge

cvt_le-got-du-bonheur-tome-1-gabrielle_8703Le goût du bonheur, Gabrielle (tome 1), Pocket, 2007
C’est un roman que j’ai découvert, il y a peu, sur les chaînes de Margaud Liseuse et Lemon June, en librairie, j’ai été tenté pour ce beau pavé de 867 pages. Un livre qui vous tient compagnie pour un bon bout de temps. 

Le goût du bonheur, c’est une saga familiale, elle commence avec Gabrielle, la mère, une femme dans les années 30 au Québec, après la crise de 1929. La population est touchée massivement, la famille de Gabrielle aussi, mais étant privilégiée, elle va aider sa famille et petit à petit militer pour sauver le plus d’enfants possibles de la pauvreté et donc de la déscolarisation, de la maladie. C’est une femme qui a beaucoup de chance, elle a un mari aimant, une belle famille et la société est en plein changement, la politique, l’économie aussi, Gabrielle, elle, est prise entre deux feux, celle de la société qu’elle a toujours connue et dont elle voit les limites, coincée entre la morale de l’Eglise, encore toute-puissante, la position de la femme qui n’a pas son mot à dire dans la société. 

De ce fait, au-delà de la saga familiale, nous avons un roman avec des thématiques très différentes et cela ouvre beaucoup de réflexions sur cette période, je trouve que c’est un roman très féministe. D’une part les personnages centraux sont des femmes, Gabrielle évidemment et sa fille Adélaïde qu’on suivra plus particulièrement dans le deuxième tome. C’est très intéressant de suivre ces personnages et leur découverte d’un nouveau monde. Gabrielle est prise entre ses différentes identités, celle d’épouse, de femme qui attire et séduit les hommes malgré elle, c’est aussi une mère et pour ses enfants, elle est prête à tout, c’est aussi une croyante, et sa foi est mise à rude épreuve. Elle fait face à d’autres femmes, d’autres mentalités, ses sœurs moralement très droites, jusqu’à l’agacement et même se contredisant parfois, une amie Paulette qui a de nouvelles idées. Une belle galerie de personnages féminins qui incarnent toute une figure différente. 

Les personnages sont donc des types, parfois un peu caricaturaux, parce que un peu bornés, et sans nuances. Mais ce n’est pas un défaut, le personnage nuancé est le personnage principal, et si on devait se pencher sur les autres personnages, le livre ferait largement plus de 1000 pages. Donc on ne peut aller dans le détail pour les autres. Et cela changerait le propos du livre. Le plus de ce roman justement, c’est sa longueur, car on s’attarde bien sur la psychologie de Gabrielle et Adélaïde, le but de ce roman est de savourer l’ambiance du roman. Vraiment on prend du temps avec les personnages, d’ailleurs j’ai préféré les deux tiers du roman car les années s’écoulent lentement, alors que le dernier tiers est plus haché, beaucoup plus d’ellipses. Cela ne m’a pas gêné, mais j’ai adoré me trouver immerger dans cette maison familiale, partager leurs moments de joie ou de peine. C’est en plus essentiel pour s’immerger, débuter cette saga et s’attacher aux personnages. 

Ce qui est sûr c’est que je vais poursuivre la lecture des autres tomes, de plus comme une vraie saga, la fin du premier tome se termine de manière brutale et de manière très surprenante. Une vraie série qui se termine sur un rebondissement. Un roman que j’ai adoré et qu’il faut savourer.