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Je lis un peu de Bd – Culottées de Pénélope Bagieu et Idéal standard d’Aude Picault

Je lis très peu de bande dessinée, mais de temps en temps, ça change un peu. J’ai craqué sur une bande dessinée qui a beaucoup de succès, une deuxième que j’ai vu passer sur un blog qui m’avait donné envie.

cvt_Les-culottees-Tome-1_3382Culottées, tome 1, Pénélope Bagieu, 2016

Le principe de cette BD est simple, il s’agit de retracer la vie de femmes qui ont du caractère, qui avaient un don, un talent, une particularité et qui dans un monde taillé pour les hommes ont su s’imposer. 

Les figures féminines qui composent ces planches sont tout autant des personnalités célèbres comme de parfaites inconnues dont je n’avais jamais entendu parler. Mais ces femmes ont eu des destinées incroyables, parce qu’elles l’ont choisi et qu’envers et contre tout, elles se sont battues pour s’imposer. 

Une bande dessinée où l’on apprend beaucoup, que ce soit de Joséphine Baker ou de la femme à barbe, et de toutes les autres que je ne connaissais pas du tout. Une découverte incroyable à travers l’humour des dessins. Une leçon de vie pour les femmes, une leçon de persévérance pour tous. 

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Idéal standard, Aude Picault, Dargaud, 2017

Un autre style de bande dessinée, ancrée dans le quotidien, c’est l’histoire d’une jeune femme, la trentaine. Elle est célibataire et se pose beaucoup de questions sur son avenir, sur sa manière d’être dans une relation. Elle va rencontrer l’homme qui lui apparaît comme idéal, une relation longue, mais finalement que cherche-t-elle vraiment ? 

J’ai beaucoup aimé cette bande dessinée dans la mesure où je la trouve réaliste, à plusieurs reprises je me suis identifiée à ce personnage, avec le recul, on se dit que c’était une réaction ou une parole idiote, on regarde alors ce personnage avec tendresse. Dans le même temps on est dans un monde très dur parfois avec son métier d’infirmière en néo-natalité, le tout adouci par les couleurs jaunes et bleues des planches. 

C’est en plus un cheminement, et la vie n’est vraiment pas de tout repos pour ce personnage qui peut paraître un peu cruche et qui gagne en force. Cette bande dessinée porte bien son nom, l’idéal standard que l’on veut atteindre, au prix du malheur ? On s’interroge. 

Bandes dessinées à lire pour découvrir des femmes fortes. 

 

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Je me challenge avec Zola – Je lis La Curée

CVT_Les-Rougon-Macquart-tome-2-La-Curee_1297Je me suis lancée dans le challenge personnel de lire Les Rougon-Macquart à mon rythme pendant l’année 2018 et sûrement l’année prochaine aussi.

En février, j’ai lu le deuxième tome, à savoir La Curée. J’avais été enchantée de La fortune des Rougon et donc j’espérais retrouver le même enthousiasme.

Résumé : Aristide Rougon a changé son nom en Saccard, pour ne pas faire de l’ombre à son frère Eugène, au plus près du pouvoir et homme important à Paris. Sur fond de politique de la ville, sous Napoléon III, Aristide crée sa richesse, et je dis bien « créer » car il l’invente de toutes pièces à base de spéculations.

C’est donc l’histoire de son ascension sociale parisienne, sans moralité, fondée sur les calculs et la corruption. Evidemment, le roman a aussi une intrigue amoureuse, assez sulfureuse car dès le début du roman : Maxime, le fils d’Aristide et Renée, sa nouvelle femme semblent très proches.

Mon avis :

J’ai trouvé ce roman incroyable de modernité avec ces histoires de spéculations et de corruptions qui semblent tout à fait d’actualité. Ce personnage machiavélique et calculateur semble être un portrait intemporel du monde des affaires.

Des descriptions sublimes évidemment, trait caractéristique de Zola qui transcende la nature et donne une image de Paris magnifique, c’est à la fois un grand chantier, percée de grandes trouées, mais aussi un rêve éveillé pour beaucoup d’hommes des affaires où tout est en train de se construire. Ce roman a don un grand intérêt historique, sous nos yeux, défilent les grands bouleversements parisiens dus à la politique d’Haussmann. Se joue donc quelque chose de novateur, un véritable frémissement que l’on perçoit dans la ville.

Dans ce roman, il faut dire que le domaine de la spéculation est un peu ardu, pressentiment que quelque chose de terrible se prépare, nous n’en avons pas vraiment le dénouement dans ce roman, la fatalité semble à l’œuvre dans le livre, mais comme si ce roman était un prélude. Il est normal d’en attendre une suite pour suivre la destinée d’Aristide qui ne semble pas en avoir terminé avec Paris.

J’ai donc un peu moins aimé ce tome, moins enlevé, plus lent en fait, qui attend une suite et c’est un tome plus technique, lié au monde des finances, de la spéculation. 

Je poursuis la lecture de L’amie prodigieuse – Celle qui fuit et celle qui reste

A79428_Celle_qui_fuit_celle_qui_reste.inddCette saga est complètement addictive, cela fait moins d’une année que j’ai commencé à lire les aventures d’Elena et Lila, et heureusement que je n’ai pas commencé avec tout le monde, comme ça je n’ai pas trop à attendre entre les tomes. 

Une de mes bonnes lectures de février aura été ce roman : L’amie prodigieuse tome III : Celle qui fuit et celle qui reste, éditions Folio, 2018 . Attention, je risque de donner des éléments de l’intrigue précédente dans mon résumé. 

Mon résumé :

On retrouve donc Elena fiancée, qui a publié son premier roman et qui rencontre beaucoup de succès, évidemment cela fait grand bruit dans le quartier de Naples dont elle est originaire, Lila travaille dans l’usine de salaison de Bruno Soccavo, elle est surmenée, à bout de souffle. Les jeunes femmes vont se retrouver et vont devoir affronter un monde en pleine mutation politique, de grands bouleversements s’annoncent. Mais à leur habitude, les deux jeunes femmes ont du mal à se livrer et finalement chacune affronte ses démons seule. 

La petite phrase : 

« Je sentais que dans mon livre, mais aussi dans les romans en général, il y avait quelque chose qui me remuait vraiment, un cœur palpitant mis à nu, le même qui avait failli faire exploser ma poitrine à l’instant, désormais si lointain où Lila m’avait proposé d’écrire une histoire avec elle »

Ce que j’aime dans ce roman : 

Je retrouve volontiers le style de l’auteur, une écriture fluide et toujours aussi prenante. De belles phrases et des réflexions viennent ponctuer les aventures des personnages. 

C’est un roman où les préoccupations politiques dominent, fin des années 60, mai 68 en France fait des émules ailleurs, l’opposition entre les communistes et les fascistes est toujours aussi vive. Il est très intéressant de découvrir à travers ces deux jeunes femmes, la société italienne que je connais mal. 
Les histoires amoureuses des jeunes femmes, qui sont maintenant pleinement dans leur vie adulte sont aussi au cœur des préoccupations. Beaucoup de tergiversations de la part d’Elena, on commence à avoir l’habitude, même si elle peut parfois agacer le lecteur. 

Pour finir :

A lire pour retrouver ces personnages auxquels nous sommes attachés, pour découvrir cette société italienne en pleine mutation, pour lire un bon roman tout simplement.

L’odeur du café – Dany Laferrière

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Je reviens vers vous avec ma lecture de My book box du mois de février avant de recevoir celle de mars très très prochainement. 

J’ai donc découvert, parce que ce fut en effet une sacrée découverte : L’odeur du café de Dany Laferrière, aux éditions Zulma, 2016. Outre la maison d’édition que j’apprécie beaucoup pour ces couvertures, son papier et sa mise en page, j’ai beaucoup aimé recevoir un livre qui sort des sentiers battus, dont je connaissais l’auteur de nom mais que je n’avais jamais lu. 

L’odeur du café, c’est avant tout le récit autobiographique de l’enfance de l’auteur, de sa grand-mère Da et d’une multitude de personnages qui partagent leur vie à Petit-Goâve sur l’île d’Haïti. C’est en réalité une accumulation de petits récits pour n’en former qu’un et rendre un hommage à la grand-mère de l’auteur, à son café. Cela forme un joli capharnaüm, puisque l’enfance du garçon est aussi bien marquée par les adultes, ses tantes, les voisins, que les enfants de l’école, les troubles amoureux, et on trouve de délicieux récits sur les animaux. Ce sont des souvenirs, des petits riens, des tragédies aussi, une addition de tout ce qui a constitué la vie de l’auteur à cette période, ce qui l’a marqué, construit. 

Ce récit est donc tout à fait dépaysant par son côté hétéroclite. Ce serait le mot qui résumerait le mieux ce livre. Ce sont comme des brèves, des rêves, des on-dit, des portraits, des événements, des contes, un savant assemblage de tout cela, haut en couleur, c’est une lecture plaisante. 
Evidemment, le revers, c’est que quand on a l’habitude de lire un roman avec une trame narrative que je pourrai qualifier de classique, c’est une lecture un peu déroutante. Et puis, on s’habitue vite. 

Le narrateur est tellement touchant, naïf, il regarde la vie et est aux côtés d’une personnalité forte  : Da, elle, qui sert de socle à toute la famille, au quartier aussi. Une belle histoire familiale qui se déroule sous nos yeux. Et puis l’autre découverte c’est Haïti, c’est vraiment un récit aux couleurs du soleil, les lumières viennent réchauffer notre hiver, de belles descriptions, une vie simple et tourmentée à la fois par toute cette vie du village. 

« Le soleil paraît toujours plus vif après la pluie. On dirait que chaque flaque d’eau reçoit un rayon lumineux. Une petite lueur au fond de l’eau. Les yeux de la terre. »

Pour découvrir un récit poétique au goût du soleil, une belle histoire familiale. 

Le bal mécanique – Yannick Grannec

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J’avais lu La Déesse des petites victoires de la même autrice, et j’avais beaucoup aimé, je n’ai pas hésité une seule seconde avant de choisir ce roman que j’ai reçu grâce à Babelio, j’ai donc découvert Le bal mécanique de Yannick Grannec, éditions Pocket, (04/01/2018).

Le bal mécanique, c’est l’histoire de Josh, animateur télé d’une émission sur la décoration et psychologisante, de télé-réalité, concept un peu extrême. Il est en train de fonder sa propre famille à Chicago, alors qu’il est en froid avec son père qui est à  Saint-Paul de Vence, peintre, il semble complètement retiré. Un jour, Carl découvre un article où est fait mention d’œuvres spoliées pendant la Seconde guerre mondiale dont un tableau qui est un portrait de son père. Carl part sur les traces de son portrait et ainsi de sa famille.

L’histoire est dès le départ intéressante, centrée sur le fils et le père, chacun de leur côté, qui ne semblent plus se comprendre, pourtant chacun est attaché à sa famille. La découverte des œuvres spoliées ajoutent encore plus d’intérêt. Avec la mort du père, l’histoire se corse un peu plus et lors de la deuxième partie du livre, où l’on découvre l’histoire mais du point de vue des protagonistes des années 1910-1920, le roman prend encore plus d’ampleur. Le lecteur se retrouve plongé à la fois dans l’histoire et dans la grande Histoire, celle de l’art avec le Bauhaus, et politique des années 20-30 en Allemagne. Un roman en compagnie de Klee, Dix, Kandinsky, Gropius… du beau monde. 

J’ai clairement adoré cette manière d’apprendre plein de choses tout en lisant une histoire captivante, en revanche, je suis un petit peu plus déçu sur les nombreuses questions auxquelles je n’ai pas eu de réponse… Un petit goût d’inachevé, surtout que le roman est dense, on apprend beaucoup, très précis sur l’histoire de l’art et peu finalement sur la fiction, un peu de frustration… C’est l’éternel problème du lecteur, presque jamais satisfait lorsqu’il termine un livre, il veut toujours en avoir plus et c’est à lui de faire travailler son imagination. L’écriture est quant à elle très fluide, on retrouve un peu de tout des changements de points de vue, des lettres, chaque chapitre fait avancer notre intrigue petit à petit, et à chaque fois, on en découvre un petit peu plus sans jamais parvenir tout à fait au but. 

Un roman passionnant, au cœur du Bauhaus, historique, du secret familial, de quoi passer un bon moment. 

 

La servante écarlate – Margaret Atwood

41O8X2mZ+DL._SX195_Difficile de passer à côté de ce livre, il est partout, il a un succès fou et d’autant plus remarqué que la série télévisée reprend le roman.

Une jeune femme Defred, enfermée dans une maison au service du Commandant, destinée à faire des enfants, puisque les femmes sont déclarées stériles. Dans cette prison dorée, on comprend vite que la jeune femme a eu une autre vie auparavant : un mari, un enfant. Mais un monde terrifiant semble s’être mis en place et avoir restreint toutes les libertés. Cette jeune femme s’évade alors par ses pensées, ses souvenirs. Dans cette nouvelle maison, elle doit accomplir sa mission : tomber enceinte, cependant, elle doit faire face aux volontés des personnages qu’elle rencontre, qui apportent chacun leur lot de surprises et d’inattendu.

Mon avis sur ce roman est assez mitigé. Au début l’histoire me semble  assez confuse, tout se mêle et pour un début, le lecteur peut être un peu perdu. Les choses se mettent en place petit à petit, le système est simple, nous sommes dans les pensées du personnage principal mais son point de vue oscille entre le passé  plus ou moins lointain et le présent. Les aller-retours d’une période à l’autre sont faits sous forme d’un va-et-vient permanent. Il faut s’habituer un peu. 

Ensuite, je trouve le roman assez prenant. Cette jeune fille prisonnière de sa condition, de cette société  dictatoriale est un personnage très attachant, on a envie d’un avenir meilleur pour elle après ce qu’on sait de son passé. La tension monte tout au long du roman avec l’envie d’en savoir toujours plus sur sa vie d’avant ou sur son futur. 
Les personnages sont très attachants, même ceux qu’on méprise au début, ont leurs faiblesses qui nous les rendent plus humains, plus abordables, au fond chacun cherche un peu de bonheur dans ce monde qu’ils subissent. 

Le deuxième déception vient de la fin du roman, certes, il se termine avec un semblant d’explication, mais justement, il est tellement lacunaire que c’est frustrant pour le lecteur. A nos questions, nous avons des bribes de réponses et aucune certitude sur la fin de notre personnage. J’ai trouvé cela tellement dommage, comme un goût d’inachevé. Certes, c’est très intéressant cette société, cette réflexion sur un monde qui perd les pédales, mais je trouve que cela ne va pas au fond des choses. 

J’ai bien aimé, mais j’ai passé un bon moment, mais sans plus. Je suis sûrement passée à côté du message de l’autrice. J’aurai aimé plus de détails, moins de sous-entendus. Cependant, j’ai trouvé l’écriture très poétique à certains moments, une belle plume. 
A lire pour une petite plongée dans un monde dictatorial, où la femme devient un objet de procréation. 

 

 

 

Les particules élémentaires – Michel Houellebecq

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Je n’avais encore jamais lu de Houellebecq, pourtant c’est un auteur qui fait souvent du bruit, dont les livres son beaucoup lus et en même temps un auteur très controversé. 

J’ai donc commencé ma découverte avec Les particules élémentaires, je ne vais pas dire jamais, mais je ne pense pas en relire… Je vais donc expliquer mon choix, mon ressenti de lecture. 

L’histoire est celle de deux frères qui sont dans la quarantaine, on a un bref aperçu de leur vie puis on remonte rapidement à leur enfance avant de revenir au présent. Et leur histoire ne peut être que dramatique, puisque le postulat de départ du livre est qu’un homme ou une femme, après 40 ans, entrent dans une nouvelle période de leur vie qui ne consiste qu’à attendre la mort tout en contemplant leur déchéance progressive…. Voilà, voilà, le décor est planté… 

Rien de bien réjouissant. 

Une vision très pessimiste de la vie, autant le savoir, rien de positif ne peut émerger, il ne faut pas s’attendre à un rebondissement positif et c’est cela qui m’a vraiment ennuyé. L’impression que tout est forcément noir et négatif, en fait j’ai trouvé cela trop extrême, une vision certes réaliste mais erronée de la vie. 

L’autre point négatif c’est le sexe. Le thème est vraiment omniprésent, le problème n’est pas l’existence du thème mais la récurrence. Pour comparer, ce roman à Vernon Subutex de Virginie Despentes où le sexe est très présent mais rien de pervers, rien de trop chez cette autrice. Ici, les remarques sur la société  pourraient être intéressantes mais elles sont noyées dans cet excès de sexe, de violence. Aucune empathie pour les personnages masculins, les personnages féminins ne sont pas non plus épargnés. 

C’est un roman que j’ai terminé, car s’il y a bien un point positif à ce roman c’est l’écriture, on ne peut nier ce talent à son auteur, une manière de manier les mots qui est incontestable. 

Donc un roman à ne pas lire si vous êtes dans une phase un peu noire de votre vie, à ne pas lire si vous approchez la quarantaine, à lire si vous avez envie de découvrir une vision noire de notre société. 

 

J’ai abandonné deux lectures

Je suis victime d’une panne de lecture, j’ouvre des livres mais je n’arrive pas à les terminer. Rien n’arrive pas à me satisfaire.

Le premier de ces romans non terminés c’est L’art de la joie de Goliarda Sapienza

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J’avais l’impression que ce roman avait tout pour me plaire. Présenté comme le destin d’une jeune femme Modesta née le 1er janvier 1900, elle construit son destin malgré une enfance qui n’est pas facile, elle va se construire toute seule.

Je suis parvenue à la page 250. Le début a été un choc, en effet c’est une héroïne peu conformiste et les 100 premières pages m’ont littéralement embarquée. Une femme qui découvre sa sexualité, qui doit faire face à l’inceste, puis au carcan que la religion lui impose et la manière dont elle va devenir une riche héritière. Une femme avant-gardiste pour son époque.

Tout me plaisait et franchement j’étais à fond, mais arrivé à la 250e page, j’avais l’impression que la narration patinait un peu. Je me suis arrêtée au retour de Carmine dans sa vie, une impression de déjà vu, le problème que cela correspond à une période où le personnage est dans une transition, où elle se cherche, se remet en question. Mais j’ai trouvé ça un peu trop long, un peu répétitif.

J’arrête ma lecture, même s’il est fort possible que je rate quelque chose, car ce roman a l’air de beaucoup plaire, d’avoir été un choc pour beaucoup de lecteurs. Mais il faut dire que c’est un pavé… Je ne sais pas si j’aurai l’envie d’y revenir, car je ne regrette pas d’arrêter mes lectures.

Le problème en ce moment, c’est que j’ai du mal à trouver une lecture qui soit satisfaisante pour moi.

J’ai alors commencé un autre roman : Une Odyssée de Daniel Mendelsohn. CVT_Une-Odyssee--Un-pere-un-fils-une-epopee_4121

Ce livre de la rentrée, je l’avais repéré depuis un moment, je trouvais très original d’écrire autour de l’Odyssée. Et il faut dire qu’au début cela commençait plutôt bien. Les rapprochements entre l’histoire d’un père et son fils entre l’histoire d’Ulysse et Télémaque c’était plutôt intéressant. 

Et en effet, au début, j’étais plutôt sous le charme, le père du narrateur suit le cours de son fils à l’université pendant un semestre, ce dernier est un professeur dispensant des cours sur l’Odyssée. On apprend très vite que le père va mourir après ce cours. Cela annonce un roman sensible, inspiré de l’histoire de l’auteur. 

En fait ce qui ne m’a pas plu, c’est que très vite le roman devient un peu un catalogue de connaissances, j’aurai aimé qu’elles soient dispensées de manière plus subtile, mais en réalité, le narrateur explique tout comme si le lecteur était un étudiant. C’est intéressant l’histoire des mots, j’adore mais franchement, là je trouvais ça un peu trop, comme si le narrateur faisait étalage de sa science, en revanche j’ai bien aimé les discussions autour de l’Odyssée qui sont retranscrites entre le professeur et ses étudiants. 

A la longue, cela m’a un peu ennuyé. Je ne retournai pas vers ce livre avec plaisir. J’ai donc arrêté. Je sors du mois de janvier assez déçu car caractérisé par beaucoup d’abandons, je ne trouvais pas ce que j’avais envie de lire. Je sors enfin de cette panne de lecture. 

 

 

Les enfants de Venise – Luca di Fulvio

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Après Le gang des rêves qui m’avait littéralement emporté, j’ai enchaîné avec Les enfants de Venise et si j’ai retrouvé les choses qui m’avaient enchantée dans le premier, j’ai été un peu moins enthousiaste avec ce roman.

C’est une histoire peu commune, d’une part les enfants sont les héros, ce que l’on trouve rarement en littérature adulte et surtout à Venise au XVIe siècle. L’environnement change vraiment par rapport à ce que je peux lire habituellement. Et c’est un vraiment un bon point, car même si j’aime beaucoup, j’en ai un peu assez de lire des choses sur la Seconde guerre mondiale et dernièrement j’ai mis un livre en pause car il m’a semblé avoir déjà lu quelque chose de similaire. Bref, revenons à ce roman.

La vie dans ce roman est très dure pour ces enfants, car ils sont orphelins, livrés à eux-mêmes et au vagabondage. Il s’agit avant tout de survivre. Cet univers que ce soit à Rome puis à Venise est très violent, surtout pour ces enfants qui n’ont que peu de repères, peu de protection et vont parfois se fier aux mauvaises personnes. Le lecteur n’est donc pas épargné, rien n’est jamais sûr, tout peut basculer d’une page à l’autre et vous met dans une tension telle qu’on ne peut qu’avancer pour connaître la fin.

C’est un roman très intéressant pour découvrir l’histoire de Venise, la construction du ghetto juif, la place de la religion et la sorcellerie. Et c’est l’histoire aussi dans une autre mesure d’une mafia, d’un gang et la manière dont on veut échapper aux carcans qu’on s’est parfois imposé pour retrouver la liberté. C’est aussi une belle histoire d’amour ce roman. 

Le petit moins c’est que j’ai trouvé le roman un peu manichéen, les bons personnages et les mauvais personnages s’affrontent, même si au cours du roman, rien n’est acquis et que le lecteur frémit, mais les personnages sont récompensés à la hauteur de leur bonté, de leur identité morale. C’est un peu trop visible, je trouve même si on st d’accord, le lecteur est plutôt satisfait. 

A lire pour s’immerger dans une ambiance, un univers peu ordinaire, pour vivre des rebondissements, pour trembler pour les personnages et être emporté dans cette quête de la liberté et de l’amour. 

Je me challenge avec un Zola – La fortune des Rougon

17196_858857J’ aime beaucoup Zola, à la question tu préfères Zola ou Balzac, c’est toujours le premier qui l’emporte ? Je n’ai lu que deux Zola, entièrement j’entends, Germinal et L’Assommoir. J’ai donc décidé pour cette année de lire le cycle des Rougon-Macquart en entier et si possible dans l’ordre. Je ne vais pas les enchaîner donc je vais y aller petit à petit.

Je commence donc avec La fortune des Rougon. Le roman ne commence pas véritablement par le début de l’arbre généalogique, car on commence avec Silvère et Miette. Et pout le début, on situe l’histoire plutôt avec le coup d’Etat de Napoléon. On ne sait qui sont ces personnages, ils sont Républicains et se révoltent. Ce n’est que dans la 2e partie que Zola remet tout en ordre si on peut le dire ainsi et présente Adélaïde et ses trois enfants : Pierre Rougon, Antoine Macquart et Ursule Macquart. Silvère étant le petit-fils d’Adélaïde et le fils d’Ursule qu’elle recueille après la mort de ses parents. 

On se focalise essentiellement sur l’histoire de Tante Dide, Pierre Rougon et celle de Silvère. Evidemment beaucoup d’autres personnages apparaissent qu’on retrouve dans les autres volumes mais un portrait rapide est brossé avant de les retrouver plus particulièrement. 

J’ai beaucoup aimé découvrir ce premier roman du cycle, celui qui pose les choses, qui met en place toute l’idée de Zola, certes une idée dépassée sur l’hérédité, même si cela fonde le projet, il n’en reste pas moins que c’est un beau projet de raconter ainsi toute une famille. Et j’ai retrouvé avec délice l’écriture de Zola, de belles phrases, de belles tournures, beaucoup de comparaisons avec la nature que ce soit l’histoire, l’amour, la ville. 

Plassans est magnifiquement décrite, le peuple aussi, une magie de sentir frémir le peuple, les rumeurs, on retrouve tout chez Zola : l’envie, la jalousie, le bonheur simple, l’acceptation, la résignation, que de sentiments contenus dans ses personnages. Cela est dit et raconté simplement mais tout est là et construit un personnage avec beaucoup de force, en quelques lignes, il est cerné. 

Ce fut, une belle lecture, enrichissante, je ne compte pas enchaîner de suite avec La Curée, je ne compte pas tout lire en une année, je vais à mon rythme, j’espère en lire un par mois environ, avec envie, je laisse reposer celui-là avant de découvrir la suite. 

Renouez avec les classiques avec La fortune des Rougon.