Archives pour la catégorie J’ai aimé sans plus

L’armoire des robes oubliées – Riikka Pulkkinen

619dygfpudl-_sx210_Riikka Pulkkinen – L’armoire des robes oubliées – Albin Michel – 2012
Ce roman est sorti depuis quelques années, à l’époque il me tentait beaucoup et je l’ai trouvé d’occasion, je n’ai alors pas hésité à le prendre. 

Le roman s’ouvre sur la maladie de la grand-mère Elsa qui est en stade terminal, sa fille et petite-fille vont profiter des derniers moments de vie de cette femme. Mais un secret tu pendant des années va ressortir par hasard : Anna va ressortir une vieille robe appartenant à une femme Eeva. Une femme dont Anna n’a jamais entendu parler. Au gré des pages on va voir comment la jeune fille va essayer de percer ce mystère dont personne ne parle et en parallèle on va suivre la véritable d’histoire d’Eeva et cette famille. 

Mon avis sur ce roman est assez mitigé, j’aime beaucoup les histoires de ce genre, les secrets de famille enfouis qui ressurgissent malgré eux, une histoire d’amour, le thème n’est pas nouveau et pourtant en général cela fonctionne bien. Ici ce que j’ai bien aimé, c’est que l’on est vraiment avec les personnages, leur psychologie, leurs pensées. En revanche, je n’ai pas trouvé que le dénouement soit exceptionnel. De ce point de vue, le roman est très réaliste, pas de grand rebondissement, l’histoire est somme toute banale. 

En fait, dans ce roman, il m’a manqué quelque chose que je ne saurai définir. L’histoire se tient, elle est bien ancrée dans le réel, c’est une histoire comme  il a dû en exister beaucoup, les personnages sont intéressants. Je dirai qu’il manque de flamboyance… On pressent toujours qu’il va se passer quelque chose de terrible, d’incroyable, certes ce n’est pas non plus une histoire tranquille mais la fin est assez plate. La fille d’Elsa semble très choquée par la découverte du secret mais son chagrin est complètement noyé par un autre événement. 

J’en viens au deuxième point qui m’a gêné, c’est le côté brouillon du roman, ce n’est pas tant les aller-retours dans le passé et le présent, mais l’évocation d’un passé récent dans le temps présent m’a souvent interrogé sur le moment où l’on était, j’ai relu quelques pages plusieurs fois pour comprendre qui parlait, le moment où l’on était.Même si l’effet semblait voulu par l’autrice, cela n’avait pas l’effet d’une surprise mais plutôt une gêne pour l’histoire.  De même certains faits sont un peu confus pour le lecteur et jamais éclaircis. 

Bref, une lecture en demi-teinte, je suis allée au bout car j’avais envie de connaître la fin, on se laisse prendre au jeu, mais une fois refermé, je ne me suis pas sentie satisfaite de cette lecture. 

 

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Jules – Didier Van Cauwelaert

51agm37biyl-_sx210_Jules de Didier Van Cauwelaert – Le livre de poche – 2017 est une autre de mes lectures d’été, à lire la quatrième de couverture, on sait tout de suite qu’on lit quelque chose de léger.

L’histoire c’est celle de Jules, un chien d’aveugle, qui aide Alice au quotidien. Lorsque celle-ci retrouve la vue, Jules est complètement désœuvré, séparé de sa maîtresse, il va tout faire pour la retrouver et surtout il va se faire aider d’un jeune homme rencontré quelques semaines plus tôt et qui est tombé sous le charme de sa maîtresse.

C’est une histoire un peu abracadabrante, on sait que les animaux peuvent retrouver leur maître, ce n’est pas ce qui m’a gêné dans l’histoire. L’histoire d’amour en revanche, je la trouve un peu rapide, certes c’est un coup de foudre, mais le changement d’attitude de la jeune femme m’a laissée perplexe, elle change de partenaire comme de chemise. A sa décharge, elle est un peu tourneboulée par sa guérison subite mais je la trouve tout de même un peu légère.

Je n’ai que moyennement adhéré, je l’ai lu en entier car il est court et que de fil en aiguille on s’attache à ce chien et le personnage masculin est plutôt réussi, un peu étrange, loufoque, le cliché du scientifique qui étudie les yaourts, c’est assez drôle à imaginer, même si d’après les notes de l’auteur, l’étude des bactéries a abouti à des résultats convaincants. Quelques personnages sont aussi drôles comme le psychologue pour animaux.

Peu enthousiasmée par cette lecture, c’est une lecture de transition légère entre deux romans c’est le souvenir que je vais en garder : une lecture détente. Cela dit si on creuse, il y a tout de même du fond dans ce roman sur la place des handicapés dans notre société, sur le manque d’aide en général et sur le manque de chiens d’aide par rapport aux besoins. Le roman a le mérite d’en parler, ce qui est intéressant. 

A lire pour se détendre, si on aime les chiens, on ne peut que les aimer plus dans ce roman et vouer une admiration aux chiens d’aveugle.

 

 

 

La maîtresse des épices – Chitra Banerjee Divakaruni

51ywzs5sznl-_sx210_La maîtresse des épices de Chitra Banerjee Divakaruni aux éditions Philippe Picquier Poche (2002) est un roman que j’avais depuis un certain temps dans ma bibliothèque, environ 5 à 6 ans. Je trouvais que l’été était une belle occasion de sortir ce roman aux couleurs du soleil et qui donne envie de voyager. 

L’histoire c’est celle de Tilo, son nom d’emprunt, Tilomata est son nom de maîtresse des épices, rebaptisée, une fois intronisée sur une île aux secrets des épices. Les épices sont magiques et possèdent des pouvoirs que la maîtresse conseille, donne et offre à ceux de sa communauté qui en ont besoin. Elle officie aux Etats-Unis, missionnée pour aider les indiens qui ont des problèmes pour trouver un travail, l’amour, pour prendre confiance en soi, pour avoir du courage, les pouvoirs sont étendus et les possibilités très vastes. Tilo répond à des règles très strictes, cependant elle transgresse les règles qui lui ont été inculquées pour aider les gens qui la touchent et surtout quand elle rencontre pour la première fois l’amour, alors qu’elle doit se consacrer entièrement à sa mission. 

L’histoire je la trouvais très prometteuse, j’avais envie de me laisser embarquer dans cette histoire un peu magique. L’histoire de Tilo est assez extraordinaire et le début m’a beaucoup plu, j’ai aussi été happée par l’histoire des personnes qu’elle aide parfois malgré eux. Mais j’ai été insensible à cette histoire d’amour et à ce qu’elle entraîne comme conséquence sur la maîtresse des épices et surtout sur le monde. Je ne crois pas trop aux forces supérieures des épices qui se vengeraient et consumeraient le monde parce que l’ordre est bouleversé. En fait, j’aime l’idée que les épices auraient des pouvoirs pour aider les gens, ils agiraient comme des talismans, mais à la fin cela prend une dimension trop magique et surnaturelle qui m’a laissée de marbre. 

Je l’ai lu en entier et pourtant je n’hésite pas à abandonner un livre qui m’ennuie, mais à plusieurs reprises j’ai été tentée d’arrêter à dans le même temps j’avais envie de connaître la suite et connaître l’avenir de Tilo et savoir si elle arrivera à sauver les âmes perdues qu’elle essaie de protéger dans sa boutique et si elle aussi réussira à se sortir de sa destinée toute tracée et à des réaliser personnellement. L’autre petite déception, c’est que je m’attendais à partir en Inde, mais finalement l’Inde est en pointillés dans le roman. L’intrigue se déroule aux Etats-Unis, donc on partage la vie de la communauté indienne émigrée, avec des problématiques intéressantes sur l’immigration, la manière dont les hommes sont tiraillés par leurs origines et leur pays d’accueil. Une thématique profonde et intéressante dans le roman. 

Une lecture d’été pour voyager à travers les épices, une mini-excursion en Inde, lecture détente. 

 

 

Mort aux cons- Carl Aderhold

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L’histoire commence sur les chapeaux de roues, on est vite plongé dans ce récit assez atypique. Un homme qui revendique dès le début qu’il tue des cons. Le titre est assez explicite aussi.
C’est original, surtout que le personnage commet ses actes en toute impunité ! Donc c’est assez drôle, on se dit presque que pour certains c’est bien fait pour eux. C’est assez drôle, c’est assez radical, pas de morale qui tienne, donc forcément ça déroute un peu. On se prend au jeu.
Et puis, il ne se passe plus grand-chose, les meurtres s’enchaînent mais je n’ai pas trouvé de grand intérêt à tout cela, cela manque de souffle, les meurtres s’enchaînent et n’apportent rien de nouveau. On s’ennuie un peu. On ne laiche pas complètement car on se demande comme tout cela va se terminer, les crimes resteront-ils impunis ? Le meurtrier va-t-il se trahir ?
Et il faut bien le dire, après autant de meurtres et des idées aussi arrêtées, le personnage est de plus en plus antipathique, un vrai con ! On a hâte donc que cela finisse, car il devient insupportable.
Une idée intéressante, mais un roman bien trop long pour le message, de plus le texte est ponctué de réflexions diverses sur la politique, le terrorisme, la société, le travail, mais finalement le message est brouillé, peu clair, rien n’est approfondi. Je trouve que c’est taillé à l’emporte-pièces et que cela manque de nuance.
Une lecture pas désagréable, une idée pour le moins originale.

Un hiver à Paris – Jean-Philippe Blondel

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L’histoire, un jeune étudiant qui assiste au suicide d’un autre étudiant de classe préparatoire, un ami, pas vraiment, une vague connaissance. Mais à partir de là, tout va changer dans sa vie. Il va devenir populaire auprès de ses camarades, de la famille de cet étudiant… Sa vie va complètement changer, sa vie en est profondément transformée.
Un roman calme, je dirai, qui se laisse lire, disons que c’est une petite pause lecture entre deux romans palpitants. En tout cas, même si c’est bien écrit, le thème intéressant, je ne sais pas si c’est un roman qui va marquer les esprits.
Je continue à lire cet auteur très plaisant et dont on parle beaucoup, mais pour le moment je n’ai pas eu de coup de coeur. 

Un avis assez court… Un roman qui se lit tranquillement en plein hiver… 

La mort s’invite à Pemberley – P.D. James

L’histoire : Dans le magnifique manoir de Pemberley, vivent heureux Mr et Mrs Darcy et leurs enfants. On retrouve tout l’univers d’Orgueil et Préjugés, tout ce petit monde prépare le grand bal de Pemberley, quand la veille un cadavre est découvert. Les doutes se portent très vite sur Wickham… L’enquête et le procès commencent… 

J’ai été un peu déçue par ce roman. Je l’ai évidemment lu car je suis une fan d’Orgueil et Préjugés de Jane Austen, ce roman était pour moi l’occasion de retrouver cet univers, les personnages que j’avais tant appréciés… Mais je dois dire que ce roman est vraiment une pale copie du classique. Il est vrai que ce n’est pas évident de s’approprier les personnages d’un autre auteur dont les personnages sont presque mythiques, il y a toujours des déçus. Je reproche à l’auteur de ne pas avoir développé les personnages, se contenter de paraphraser le texte d’origine c’est vraiment peu de travail. On retrouve les ingrédients d’Orgueil et Préjugés mais ce sont simplement des redites du roman (au mot près parfois, j’ai l’impression). 

Quant à l’intrigue, elle est finalement pas trop mal tournée, en tout cas le meurtrier est plus ou moins surprenant… Mais l’enquête n’en est pas vraiment une… On a l’impression de tourner les pages jusqu’au procès sans aucun suspense. Le dénouement arrive un peu comme par magie à la fin du procès pour démêler le tout. Donc pour tout dire, ce n’est pas une lecture que j’ai particulièrement appréciée, je n’ai pas passé un moment trop désagréable non plus, car j’ai terminé ce livre, donc j’ai tenu jusqu’à connaître le nom du criminel. 

A lire pour les fans de Jane Austen qui n’ont pas peur d’être déçus, qui sait ? ceci n’est que mon humble avis. 

Le complot Romanov – Steve Berry

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Avec ce genre de livres, je renoue avec le genre historique que j’avais un peu mis de côté ces derniers temps. J’adore en général ! 

 L’histoire : Un avocat Miles Lord est en Russie pour trouver des indices et pour confirmer la descendance des tsars de Russie, évidemment il trouve des documents secrets qui mettent en doute ses premières hypothèses. Il se trouve confronté à la mafia qui veut l’éliminer à cause de ses recherches et de son obstination à découvrir la vérité.

On peut le deviner assez facilement, dans ce roman, on a l’hypothèse que les Romanov auraient survécu à leur massacre en 1917. J’adore ce genre d’histoires, de complots, d’hypothèses… Un roman qui mêle le passé et le présent. Le rythme du roman est assez enlevé, entre courses-poursuite, quête de la vérité, on ne s’ennuie pas.

 J’ai en revanche beaucoup moins aimé le contexte romanesque, on se trouve en Russie de nos jours, le hic c’est que l’Etat veut restaurer les tsars de Russie. Et cette partie, je n’adhère pas du tout, je suis peut-être un peu trop terre à terre mais j’avais du mal à me projeter. Bon après je chipote un peu mais après m’être renseignée un peu sur la question, cette hypothèse de survie semble peu probable, et est une théorie depuis longtemps réfutée. J’ai eu du mal à me projeter, on est beaucoup trop dans le présent, pas assez dans le passé et c’est ce que je préfère pourtant. Un bilan plutôt mitigé pour un roman dont j’attendais beaucoup. 

Les vieilles – Pascale Gautier

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J’avoue qu’au début, j’ai eu un peu de mal à accrocher, je trouvais le tout un peu trop décousu, c’est pour cela que je ne commence pas par un résumé du roman. En effet à chaque chapitre correspond un personnage, rien de bien original jusque-là, mais ce sont de courts chapitres qui nous plongent dans les pensées de chaque personnage, il est difficile parfois d’identifier tout de suite de qui il s’agit surtout au début. On se demande même où tout cela va nous mener. Nulle part. Et cela semble bien la clé du roman.  Au fur et à mesure on y voit plus clair, on dégage du sens à ces portraits multiples. 

On est finalement dans un monde qui ne tourne pas rond, bizarre, loin de nous et en même temps si proche. Beaucoup des histoires de ces vieilles, leurs préoccupations sont de réelles interrogations pour notre société : que deviennent les personnes agées, les rapports entre les parents devenus vieux et les enfants devenus adultes qui veulent mener leur vie sans contraintes. Se posent aussi la question de la séduction, de l’amour chez les personnes agées. De réelles questions derrière un monde étrange : un endroit particulier, Le Trou, une ville peuplée presque uniquement de vieilles, une astéroïde qui va s’écraser sur terre. 

Dans le roman, ces petites vieilles sont décapantes, elles veulent toutes garder une chose : leur indépendance et malgré toutes les absurdités qui les entourent, elles cherchent un sens à leur vie. Quel sens lui donner quand on a perdu un mari, un fils, quel sens donner quand on se sent diminué, quand on est dévalorisé par ses proches ? Alors certes, ces petites vieilles sont assez hors normes mais elles sont dans la vie et s’interrogent. J’ai aimé cela dans ce roman, un humour caustique, des questions profondes, un ton léger pour un sujet lourd.

Bref un livre qui aborde la vieillesse sans l’apitoiement, un livre divertissant. 

C’était malgré nous – Caroline Fabre – Rousseau

Je sors un peu du silence pendant ces vacances pour parler d’une lecture dont je sors tout juste et que j’ai envie de partager.

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Je m’attendais à la lecture de la quatrième de couverture à me plonger dans le passé, un livre sur la Seconde Guerre mondiale, j’ai été en vérité assez surprise, c’est un roman ancré dans le présent et résolument tourné vers l’avenir. Le passé n’est là que pour éclairer, pour comprendre et pour avancer dans le présent. 

 

Le premier chapitre commence à se faire long, ce n’est pas ce à quoi je m’attendais, une banale histoire de couple, de séparation ! Manqué, l’auteur nous accroche dès la fin du premier chapitre avec une petite révélation, le lecteur est surpris et hameçonné. On ne lâche plus le livre. C’est parti ! 

 

Quelques petites accroches nous emmène un peu plus en avant dans le livre à chaque fois, chaque fin de chapitre peut lancer une petite bombe. Le livre se lit donc très vite, le lecteur un peu avide de connaître ce secret dont on nous parle. 

 

L’histoire est celle d’une famille qui implose et cherche à se recomposer d’une certaine façon par son passé. C’est finalement une histoire banale (enfin j’exagère un peu) mais on peut facilement s’identifier à ces personnages qui sont très simples et qui ont une histoire particulière avec la guerre (mais qui n’en a pas eu : résistance, collaboration ou les malgré nous). Enfin ignorante que je suis, j’ai appris quelque chose (je ne connaissais pas du tout cet aspect de l’Histoire en Alsace et de ces travailleurs forcés à travailler en Allemagne puis à combattre. Le sujet n’est pas assez approfondi à mon goût, mais il constitue une introduction si on veut en savoir plus.

 

De quoi le roman parle en réalité ? De musique avant toute chose. Le roman débute par là et se termine ainsi. Ce roman m’a rappelé une de mes lectures récentes sur la musique Corps et âme de Franck Conroy. Les deux livres n’ont rien à voir, il ne s’agit pas d’une comparaison mais pour dire que je trouve fascinant d’entendre parler de musique, d’essayer de faire ressentir la musique. L’idée de mettre à la fin du roman une playlist des morceaux évoqués est plaisante et enrichissante. 

 

J’ai beaucoup aimé ce roman, j’ai découvert de nouvelles choses et il pose des questions intéressantes sur notre passé : pourquoi le cacher, pourquoi le faire ressurgir ? Le passé influe-t-il sur nous ? Il nous questionne sur ce qui est du ressort de notre volonté et de ce qui est malgré nous. 

 

Quatrième de couv’ : « Ma mère se tait. Ses mains tremblent. Je les regarde, ces mains fripées et tachées qui ne mentent pas… A présent, je les entends, ces pauvres mains effrayées : elles racontent une période inconnue, cachée et lointaine, une période si difficile que son corps âgé souffre comme lorsqu’elle était petite fille. Je suis avec Thérèse et sa mère dans la maison de Colmar en 1965, j’entends leur dialogue, à travers le liquide amniotique des limbes maternels. Je ne suis pas né, mais je m’écrie avec elles : « Mais comment est-ce possible ? Il n’était pas prisonnier ou travailleur au STO, il n’avait pas de contact avec la population allemande, il était sur le front de Russie… ».
Dans le Montpellier d’aujourd’hui, ce roman à plusieurs voix explore le poids d’un lourd secret de famille lié au drame des « Malgré-nous » alsaciens, pendant la Seconde Guerre mondiale. Abordant des sujets intimes difficiles et d’une grande actualité, ce roman sensible traite de l’équilibre délicat entre vérité et souffrance.

Naissance d’un pont – Maylis de Kerangal

Dès sa sortie, ce livre me tentait beaucoup. Grâce à l’opération Masse Critique deBabelio  et aux éditions Folio, j’ai pu découvrir ce roman et cette auteure, je les remercie beaucoup.

Pour un rapide résumé, il s’agit de la construction d’un pont autour duquel gravite différents personnages et leurs histoires : le maire véreux, un maître d’oeuvre, une spécialiste du béton, un indien ce qui entraîne des histoires d’amour, des contestations, des manigances…

Ces différentes histoires, ces destins qui se croisent, c’est ce que j’aime en général. Cela donne une humanité au pont, il est le centre d’intérêt, aimé, voulu ou détesté.

Même si les histoires humaines se multiplient autour de ce pont, j’ai trouvé ce livre très froid. Sans doute, est-ce voulu, car finalement le livre est à l’image d’une construction de béton et de métal, c’est assez froid et impersonnel. On ne se prend pas d’affection pour les personnages et même si on suit l’évolution du pont on semble la suivre de très loin ce qui ne crée pas d’attachement pour les personnages, ils sont lointains pour le lecteur, je ne dirai pas qu’ils ont peu de sentiments car leurs actes sont souvent passionnés mais on connaît mal leur intériorité ce qui ne les rend pas proches du lecteur.

Quand j’ai commencé ce livre, mes premières impressions se sont portées sur l’écriture : peu de ponctuation, de nombreuses juxtapositions. Il faut s’y habituer, au début c’est un peu déroutant, le lecteur crée ses propres respirations dans la phrase. Le style m’avait paru abrupt au début, j’ai cru que je ne pourrai continuer à cause de ces adjectifs, ces noms ajoutés, de ce style « expansif ». Mais au cours de la lecture, cela ne dérange plus, on s’habitue. Le travail sur la langue est ainsi impressionnant, l’écriture est très travaillée, assez fine ce qui donne des passages assez beaux. Je ne dirai peut-être pas poétiques, encore que ce ce serait une poésie brute, un peu froide comme le béton.

Je n’ai pas détesté ce roman (sinon j’aurai interrompu sa lecture), je l’ai terminé et aimé certains aspects. C’est une lecture intéressante, la découverte d’une auteure et d’un style. Je suis prête à renouveler l’expérience sur un autre sujet. Mais je n’ai pas non plus adoré, car pour moi l’auteure n’est pas une raconteuse d’histoire où le lecteur est complètement embarqué, il y a trop de distance avec les personnages.

Une lecture intéressante, pour les amateurs de technique et d’une langue travaillée.