Archives pour la catégorie J’ai bien aimé

La servante écarlate – Margaret Atwood

41O8X2mZ+DL._SX195_Difficile de passer à côté de ce livre, il est partout, il a un succès fou et d’autant plus remarqué que la série télévisée reprend le roman.

Une jeune femme Defred, enfermée dans une maison au service du Commandant, destinée à faire des enfants, puisque les femmes sont déclarées stériles. Dans cette prison dorée, on comprend vite que la jeune femme a eu une autre vie auparavant : un mari, un enfant. Mais un monde terrifiant semble s’être mis en place et avoir restreint toutes les libertés. Cette jeune femme s’évade alors par ses pensées, ses souvenirs. Dans cette nouvelle maison, elle doit accomplir sa mission : tomber enceinte, cependant, elle doit faire face aux volontés des personnages qu’elle rencontre, qui apportent chacun leur lot de surprises et d’inattendu.

Mon avis sur ce roman est assez mitigé. Au début l’histoire me semble  assez confuse, tout se mêle et pour un début, le lecteur peut être un peu perdu. Les choses se mettent en place petit à petit, le système est simple, nous sommes dans les pensées du personnage principal mais son point de vue oscille entre le passé  plus ou moins lointain et le présent. Les aller-retours d’une période à l’autre sont faits sous forme d’un va-et-vient permanent. Il faut s’habituer un peu. 

Ensuite, je trouve le roman assez prenant. Cette jeune fille prisonnière de sa condition, de cette société  dictatoriale est un personnage très attachant, on a envie d’un avenir meilleur pour elle après ce qu’on sait de son passé. La tension monte tout au long du roman avec l’envie d’en savoir toujours plus sur sa vie d’avant ou sur son futur. 
Les personnages sont très attachants, même ceux qu’on méprise au début, ont leurs faiblesses qui nous les rendent plus humains, plus abordables, au fond chacun cherche un peu de bonheur dans ce monde qu’ils subissent. 

Le deuxième déception vient de la fin du roman, certes, il se termine avec un semblant d’explication, mais justement, il est tellement lacunaire que c’est frustrant pour le lecteur. A nos questions, nous avons des bribes de réponses et aucune certitude sur la fin de notre personnage. J’ai trouvé cela tellement dommage, comme un goût d’inachevé. Certes, c’est très intéressant cette société, cette réflexion sur un monde qui perd les pédales, mais je trouve que cela ne va pas au fond des choses. 

J’ai bien aimé, mais j’ai passé un bon moment, mais sans plus. Je suis sûrement passée à côté du message de l’autrice. J’aurai aimé plus de détails, moins de sous-entendus. Cependant, j’ai trouvé l’écriture très poétique à certains moments, une belle plume. 
A lire pour une petite plongée dans un monde dictatorial, où la femme devient un objet de procréation. 

 

 

 

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Les enfants de Venise – Luca di Fulvio

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Après Le gang des rêves qui m’avait littéralement emporté, j’ai enchaîné avec Les enfants de Venise et si j’ai retrouvé les choses qui m’avaient enchantée dans le premier, j’ai été un peu moins enthousiaste avec ce roman.

C’est une histoire peu commune, d’une part les enfants sont les héros, ce que l’on trouve rarement en littérature adulte et surtout à Venise au XVIe siècle. L’environnement change vraiment par rapport à ce que je peux lire habituellement. Et c’est un vraiment un bon point, car même si j’aime beaucoup, j’en ai un peu assez de lire des choses sur la Seconde guerre mondiale et dernièrement j’ai mis un livre en pause car il m’a semblé avoir déjà lu quelque chose de similaire. Bref, revenons à ce roman.

La vie dans ce roman est très dure pour ces enfants, car ils sont orphelins, livrés à eux-mêmes et au vagabondage. Il s’agit avant tout de survivre. Cet univers que ce soit à Rome puis à Venise est très violent, surtout pour ces enfants qui n’ont que peu de repères, peu de protection et vont parfois se fier aux mauvaises personnes. Le lecteur n’est donc pas épargné, rien n’est jamais sûr, tout peut basculer d’une page à l’autre et vous met dans une tension telle qu’on ne peut qu’avancer pour connaître la fin.

C’est un roman très intéressant pour découvrir l’histoire de Venise, la construction du ghetto juif, la place de la religion et la sorcellerie. Et c’est l’histoire aussi dans une autre mesure d’une mafia, d’un gang et la manière dont on veut échapper aux carcans qu’on s’est parfois imposé pour retrouver la liberté. C’est aussi une belle histoire d’amour ce roman. 

Le petit moins c’est que j’ai trouvé le roman un peu manichéen, les bons personnages et les mauvais personnages s’affrontent, même si au cours du roman, rien n’est acquis et que le lecteur frémit, mais les personnages sont récompensés à la hauteur de leur bonté, de leur identité morale. C’est un peu trop visible, je trouve même si on st d’accord, le lecteur est plutôt satisfait. 

A lire pour s’immerger dans une ambiance, un univers peu ordinaire, pour vivre des rebondissements, pour trembler pour les personnages et être emporté dans cette quête de la liberté et de l’amour. 

Le ranch des trois collines – Leila Meacham

51z7dhlz0ul-_sx195_Le Ranch des trois collines de Leila Meacham, éditions Charleston, 2017, livre pris au hasard à la bibliothèque, mis en avant par les bibliothécaires. 

Une histoire qui commence de manière assez forte sur la naissance de deux enfants, un frère et une sœur, mais la mère ne veut qu’un enfant, le père doit abandonner l’un des deux. On se retrouve directement vingt ans plus tard dans la vie des deux enfants. C’est l’histoire de deux jeunes adultes qui vont découvrir le secret de leur naissance, qui vont entrer dans leur nouvelle vie d’adulte de manière fracassante, en plus des doutes que l’on peut avoir quand on veut travailler, quand on est amoureux, ils ont des doutes sur leurs origines et partent à la quête de leur identité. 

C’est une bonne saga familiale, on se laisse prendre facilement au jeu, on s’attache aux personnages, on en déteste d’autres, bref c’est une lecture assez facile détente. Pas trop de réflexions, tout est amené de manière à ce que le lecteur est vraiment en empathie avec les personnages. Parfois des rebondissements un peu faciles laissent un peu perplexes, mais bon, il ne faut pas trop se poser de questions et se laisser bercer. Je dirai presque c’est un roman un peu feel-good, tout est bien qui finit bien. On ressort de cette lecture optimiste, et pour une fois, ça fait du bien. 

Je pense que c’est la lecture à faire pour changer un peu, après une lecture un peu trop lourde ou intense. C’est un roman plein de bons sentiments, pourtant on ne sombre pas dans le pathos et pas trop dans le niais non plus. Un peu de secrets, de gros secrets de famille, des egos blessés, des ambitions à concrétiser, des rêves à réaliser, des trahisons et vous avez la recette d’un bon roman qui vous emporte, loin dans le temps : au début du XXe siècle, loin aussi géographiquement, on se trouve près de Dallas, on découvre les ranchs texans et la grande épopée du pétrole qui commence. Une lecture très plaisante en définitive, pas de prise de tête, une bonne saga pour s’aérer. 

 

Pour l’amour d’une île – Armelle Guilcher

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Pour l’amour d’une île – Armelle Guilcher, 2016, Pocket. Un roman que je possédais depuis un moment déjà, je l’ai sorti de ma bibliothèque en me disant que j’allais un peu voyager, un peu de mystère, notamment un secret de famille dans la quatrième de couverture. 

C’est l’histoire de Marine, diplômée de médecine, qui arrive sur l’île sur laquelle ses parents et ses grands-parents ont vécu, même si très jeune, elle est retournée sur le continent, elle avait cette ambition : revenir aux sources. On est dès les premières pages, transportées une dizaine d’années avant, on retrouve Marine adolescente, qui se découvre mais qui découvre également que ses parents sont morts dans des circonstances particulières, qu’on lui a toujours caché. Elle essaie de partir en quête de vérité mais les secrets sont toujours bien gardés et difficiles de savoir qui en est détenteur, qui est responsable. 

Au-delà de ce secret, ce roman est aussi le parcours d’une jeune femme, adolescente d’abord aux prises avec ses premiers émois amoureux, ses troubles sentimentaux qu’on n’arrive pas à identifier. Cette jeune femme, outre le fait d’être très jeune orpheline, vit d’autres tragédies, elle se confronte à toutes sortes de peine. On la voit se construire peu à peu, aidée de sa famille, des valeurs inculquées mais voulant aussi prendre son envol et être libre. Tout un programme. 

C’est aussi le roman de la Bretagne, outre l’île et son atmosphère particulière, le continent est tout aussi bretonnant, on y retrouve une certaine douceur de vivre. Bref c’est toute une ambiance qui se dessine entre tempêtes, océan farouche et hostile et virée à vélo dans la campagne. 

J’ai bien aimé ce roman, je n’ai pas tout aimé car finalement le secret de famille, même si on a une révélation, on ne connaît pas tous les tenants et les aboutissants de cette histoire. Histoire qui s’avère très difficile, et il est vrai que le personnage n’a pas besoin de tout connaître mais le lecteur est curieux. Ensuite, l’histoire qui se déroule dans l’île est certes cause de cette révélation, mais pour ma part, j’ai trouvé ça un peu gros. Certains détails m’ont un peu agacés, mais bon rien de rédhibitoire. On passe un bon moment. 

A lire pour une virée en Bretagne et pour découvrir un secret de famille pesant. 

Le cœur du pélican – Cécile Coulon

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J’entends et je vois beaucoup d’articles autour de cette auteure, je me suis lancée avec un roman et je vais ensuite enchaîner avec un deuxième : Le roi n’a pas sommeil. Une première découverte, je ne sais pas encore trop quoi en penser. Un avis mitigé.

L’histoire, c’est celle d’Anthime, un jeune homme, sportif qui réussit et vise l’excellence, cependant la vie en décide autrement, il va donc épouser une autre femme que celle qu’il désire. Béatrice reste toujours dans un coin de sa tête, mais il va construire une vie tranquille avec Joanna, un second choix pour lui, pour elle c’est l’amour de sa vie, l’homme qu’elle admire depuis toujours. Mais dans ces conditions le couple est bancal, et un électrochoc va bouleverser Anthime, il prend la décision de changer sa vie. Cela implique évidemment des sacrifices, mais une fois le projet enclenché, il va se découvrir et passer le point de non-retour.

J’ai trouvé que le roman était particulièrement bien écrit, une littérature dense, beaucoup de style, des phrases très travaillées. Je trouve que c’est un véritable tour de force, car l’histoire n’est pas extraordinaire, un homme qui s’est trompé dans ses choix de vie, qui s’est laissé porté et qui veut expier ses choix comme des fautes. A aucun moment, le propos n’est vide de sens, une analyse très fouillée de la psychologie du personnage. Jamais on ne tombe dans la facilité, rien de convenu.

En revanche, dans le dernier tiers du roman, j’ai un peu peiné dans ma lecture, j’ai éprouvé une sorte de malaise, cela est certes lié aux sentiments qu’éprouve le narrateur à ce moment. Je me dis que c’est assez réussi si je crois aux sentiments du personnage, si sa découvert me fait éprouver de la colère, du dégoût. Mais de ce fait la fin de ma lecture a été plus difficile. La toute fin du roman en revanche m’a semblé plus douce, et pourtant, si on repense à ce personnage, on a affaire à un raté égoïste qui devrait ouvrir les yeux. Peut-être un peu comme nous tous, regardons ce qui est positif autour de nous.

Un message très optimiste au final dans un roman assez sombre. Loin évidemment des romans de développement personnel, mais un regard assez juste sur nos vies et notre société qui ne prend guère en main, très passive. Le tout reste très dur.

A lire pour découvrir un regard sur notre société contemporaine, pour une écriture riche et dense.

Pietra viva – Leonor de Recondo

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En ce moment, je lis des livres sortis il y a quelques années, dont j’avais noté les titres, il est temps de se mettre un peu à jour…

L’histoire c’est celle de Michel-Ange et elle commence assez durement avec la dissection d’un corps dès le premier chapitre, il s’agit d’une personne que Michel-Ange trouve très beau, un visage parfait, de celui qu’on a envie de sculpter. Cet épisode va durement le marquer et faire ressurgir des souvenirs douloureux chez l’artiste, le mettre à rude épreuve, il va devoir tenter de rallier le monde des vivants, trop hanté par celui des morts.

C’est aussi un peu l’histoire d’un artiste qui choisit ses blocs de marbre en vue du tombeau de Jules II, la vie de carrier à Carrare, celle de personnes vivant XVIe siècle où la mort est si banale.

Michel-Ange est un personnage attendrissant dans la mesure où il apparaît comme un génie reconnu de son temps mais qui pétri de doutes, ou pour reprendre une image du roman : un coquillage, fragile et dur à la fois, rempli de voix intérieures. Cette dualité entre l’artiste odieux et l’homme qui souffre comme les autres, j’ai trouvé que c’était très intéressant. Une histoire où l’on rentre dans la psychologie du personnage. Ainsi le rapport aux  souvenirs est un thème très important : comment ne pas oublier un être aimé ? Comment faire le deuil ? Toutes ces questions se posent alors que l’on soit un enfant, un adulte, rien ne change, les mêmes épreuves à affronter.

Le roman alterne entre narration et les lettres non envoyées au frère Guido, une sorte de confident dans les moments d’errance de l’artiste, on est vraiment dans les pensées de l’artiste et évidemment on n’échappe pas à celui de l’artiste tourmenté. Une écriture fluide et donc un roman qui se lit très rapidement, une petite lecture divertissante et intéressante, car il faut le répéter cette vie à Carrare est une vie assez particulière, hors-norme : les blocs de pierre peuvent tout aussi bien détruire la vie de ces hommes comme leur donner le plus beau.

A lire pour passer du temps avec Michel-Ange, pour découvrir la magie du marbre de Carrare…

Les petites chaises rouges – Edna O’Brien

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Je ne connaissais pas cette auteure, je suis tombée sur ce livre par hasard à la bibliothèque, le titre m’a intriguée et la quatrième de couverture m’a convaincue.

C’est l’histoire d’un petit village en Irlande, où Vlad s’installe en tant que guérisseur. Tout le monde est un peu méfiant, face à ce genre de personne, mais il va finir par s’intégrer dans cette petite communauté. Même s’il semble étrange parfois, un peu agressif et a un avis tranché sur certaines choses, Fidelma, femme mariée tombe néanmoins sous le charme. L’idylle ne va pas durer.

Vlad se fait arrêter comme un dangereux tortionnaire en ex-Yougoslavie, il va être jugé au tribunal de La Haye. Cela on le sait dès le début car le roman commence sur l’explication du titre et le souvenir des morts tués pendant les bombardements. Cependant, l’histoire prend un autre tournant pour Fidelma. Une histoire tragique, cette femme doit alors se reconstruire loin de tous à Londres. Une vie qui ne s’avère pas facile et le souvenir de cet amour qui la hante.

Une histoire qui mêle histoire personnelle et grande histoire, où l’on voit que rien n’est simple dans la vie, que l’on ne tombe pas amoureux comme on le veut, cale ne se commande pas. Difficile de juger Fidelma, même si les victimes de cette guerre vont vite le faire, ils ne peuvent s’en empêcher.

C’est une histoire très sensible, beaucoup d’épreuves et d’émotions attendent notre personnage féminin, ce serait presque le cycle d’une histoire d’amour banale avec la rencontre, l’idylle et la rupture, mais le contexte est différent, son destin va changer à cause de cet homme, elle est contrainte elle-aussi à l’exil, étrangère en Grande-Bretagne, c’est à côté de l’Irlande certes, mais c’est un choix contraint, elle n’est nulle part chez elle, même si elle rencontre des gens parfois bienveillants.

Une belle histoire, le style est parfois particulier, j’ai eu la sensation de devoir relire plusieurs fois une ou deux phrases pour comprendre. Mais cela n’enlève rien à ce roman que j’ai trouvé très fort.

Fils d’Antigone – Irène Cohen-Janca

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Un récit court et intense. Il raconte Nat qui a perdu son père et qui s’oppose à sa famille entière et surtout sa mère. Il ne veut pas que son père soit incinéré.
Il en est convaincu, il ne sais quelle force l’anime, mais il le sent. Ce n’est pas la volonté de son père, il doit trouver les arguments. Il essaie tout ce qu’il peut, tout ce qui lui vient, il fait souffrir sa mère, il devient violent, l’ombre de lui-même. Mais il va finalement réussir d’une manière inattendue, le salut vient de Stella la petite amie, fidèle et soutien inconditionnel qui va l’aider dans sa quête.
C’est magnifiquement écrit, tout en pudeur. Le deuil d’un adolescent, ce n’est pas un sujet facile, c’est écrit d’une manière sensible, très fine. Pas de pathos, on n’est pas mal à l’aise face à cette douleur.
J’ai beaucoup aimé ce texte, la référence à Antigone très actuelle, la sensibilité du récit. Une belle lecture jeunesse. Peu de mots pour décrire ce que j’ai ressenti, mais celle-ci a été très riche.

A lire pour découvrir Antigone revisitée, pour lire une histoire familiale lourde de sens.

L’ombre de nos nuits – Gaëlle Josse

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L’ombre de nos nuits, c’est en réalité deux histoires, celle du peintre De La Tour qui peint Saint Sébastien et l’histoire contemporaine d’une femme qui conte son aventure avec un amour perdu en lequel elle a longtemps cru contre vents et marées. Une histoire sur la réception d’un tableau à son époque et à notre époque. Une histoire d’amour filiale d’un côté, un besoin de reconnaissance professionnelle et de l’autre une histoire personnelle, amoureuse et passionnelle. Des siècles les séparent mais ce tableau a un pouvoir de fascination incroyable.

Dans le récit du peintre, on trouve aussi celui de son apprenti, alternent donc trois récits et parfois on est tellement pris dans la narration que l’on est parfois un peu perdu dans toutes ces voix. C’est intéressant de voir tout le processus de création d’un tableau du XVIIe siècle.

Le récit de la femme qui voit ce tableau quelques siècles plus tard, qui entre dans une contemplation telle qu’il la pousse à revivre son histoire d’amour avec un homme dont elle est séparée. C’est le personnage d’Irène qui cet air si doux, si protecteur et concentré, pas de trouble de sa part. Elle se remémore tout ce qu’elle a enduré par amour, tout ce qu’elle n’a pas voulu voir, ce qu’elle a tu… C’est assez beau et si juste, cette manière d’accepter par manque de volonté, par confort. Une sensibilité féminine dans l’écriture qui se ressent à tout instant.

Un roman simple mais extrêmement dense du point de vue des sentiments, de la perception de l’amour. Rien de complexe mais des histoires comme il doit en exister des milliers. Une lecture touchante.

La valse des arbres et du ciel – J-M. Guenassia

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C’est l’histoire de Marguerite Gachet, la fille du célèbre Docteur Gachet, considéré comme l’un des amis des impressionnistes et connu pour avoir soigné Van Gogh à la fin de sa vie. L’auteur imagine que la jeune fille aurait eu une liaison avec Van Gogh, son seul et unique amour et surtout part sur l’hypothèse d’un meurtre de Van Gogh plus qu’un suicide, thèse qui serait aujourd’hui proposé par plusieurs historiens sans toutefois pouvoir la confirmer.

Ainsi, le lecteur se retrouve plongé à Auvers-sur-Oise, en compagnie du docteur Gachet, son fils, sa fille et Van Gogh, dans ce petit village éloigné de tout, une société très fermée, très policée comme il est de coutume à l’époque. Une liaison va naître entre Marguerite, qui a 19 ans, qui rêve de de devenir peintre, de partir pour l’Amérique, pour sortir de ce carcan de la bourgeoisie qui lui pèse.

C’est ainsi que l’auteur nous dépeint la condition de la femme, prisonnière du père de famille, sans possibilité de choisir son avenir. Cette description accentuée par les passages narratifs qui alternent avec des coupures de journaux de l’époque. C’est vraiment intéressant de se trouver dans une société différente et à la fois si proche paradoxalement.

On apprend aussi beaucoup sur Van Gogh, sur sa fureur de peindre, ses tableaux, sa manière décrite et les faux qui ont été faits après sa mort. L’auteur nous donne l’envie de se plonger dans la correspondance de Vincent et de Théo. On voit Vincent préoccupé par quelque chose qui pourrait justifier son suicide, sa possible maladie entre autres choses, mais la possibilité du meurtre laisse une voie ouverte à l’imagination.
C’est bien écrit et très documenté comme à l’habitude de l’auteur. On apprend et on se divertit en même temps.

A lire pour ceux qui aiment la littérature et la peinture, une histoire romanesque où l’on apprend.