Archives pour la catégorie Les belles découvertes

L’odeur du café – Dany Laferrière

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Je reviens vers vous avec ma lecture de My book box du mois de février avant de recevoir celle de mars très très prochainement. 

J’ai donc découvert, parce que ce fut en effet une sacrée découverte : L’odeur du café de Dany Laferrière, aux éditions Zulma, 2016. Outre la maison d’édition que j’apprécie beaucoup pour ces couvertures, son papier et sa mise en page, j’ai beaucoup aimé recevoir un livre qui sort des sentiers battus, dont je connaissais l’auteur de nom mais que je n’avais jamais lu. 

L’odeur du café, c’est avant tout le récit autobiographique de l’enfance de l’auteur, de sa grand-mère Da et d’une multitude de personnages qui partagent leur vie à Petit-Goâve sur l’île d’Haïti. C’est en réalité une accumulation de petits récits pour n’en former qu’un et rendre un hommage à la grand-mère de l’auteur, à son café. Cela forme un joli capharnaüm, puisque l’enfance du garçon est aussi bien marquée par les adultes, ses tantes, les voisins, que les enfants de l’école, les troubles amoureux, et on trouve de délicieux récits sur les animaux. Ce sont des souvenirs, des petits riens, des tragédies aussi, une addition de tout ce qui a constitué la vie de l’auteur à cette période, ce qui l’a marqué, construit. 

Ce récit est donc tout à fait dépaysant par son côté hétéroclite. Ce serait le mot qui résumerait le mieux ce livre. Ce sont comme des brèves, des rêves, des on-dit, des portraits, des événements, des contes, un savant assemblage de tout cela, haut en couleur, c’est une lecture plaisante. 
Evidemment, le revers, c’est que quand on a l’habitude de lire un roman avec une trame narrative que je pourrai qualifier de classique, c’est une lecture un peu déroutante. Et puis, on s’habitue vite. 

Le narrateur est tellement touchant, naïf, il regarde la vie et est aux côtés d’une personnalité forte  : Da, elle, qui sert de socle à toute la famille, au quartier aussi. Une belle histoire familiale qui se déroule sous nos yeux. Et puis l’autre découverte c’est Haïti, c’est vraiment un récit aux couleurs du soleil, les lumières viennent réchauffer notre hiver, de belles descriptions, une vie simple et tourmentée à la fois par toute cette vie du village. 

« Le soleil paraît toujours plus vif après la pluie. On dirait que chaque flaque d’eau reçoit un rayon lumineux. Une petite lueur au fond de l’eau. Les yeux de la terre. »

Pour découvrir un récit poétique au goût du soleil, une belle histoire familiale. 

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J’ai découvert Winter de Rick Bass

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Je ne connaissais absolument pas cet auteur, je l’ai découvert grâce à My Book Box, le thème sur la neige m’a tout de suite attirée, je ne suis pas forcément portée naturellement vers le nature writing, mais j’avais bien envie de tenter autre chose.

Rick Bass tient un journal de son installation avec sa compagne dans la vallée du Yaak dans le Montana de son installation à l’automne jusqu’au printemps environ. C’est une vallée froide, les hivers sont rigoureux, les fermes sont très isolées. C’est un endroit coupé du monde, un univers à part, idéal pour se retirer et écrire. Le narrateur- auteur est un habitant du sud du pays, beaucoup plus habitué à la chaleur, mais il va opérer un changement radical dans sa vie pour réaliser ce qu’il sent être un besoin, un rêve : vivre loin des autres.

Une vie très particulière car il n’y a pas le téléphone, il faut se prémunir de l’hiver comme on peut, en faisant des réserves de bois impressionnantes. Rick va donc devenir un vrai bûcheron, il va apprendre à manier la tronçonneuse, à l’aiguiser, à avoir le nécessaire, au cas où, car la vie peut vite basculer lorsqu’on est loin de tout. On va donc suivre sa vie, ses réflexions sur cet endroit, sur le monde car forcément être isolé vous permet de relativiser, de prendre du recul par rapport au rythme effréné de nos vies.

C’est aussi un très beau roman sur les arbres, l’auteur est un véritable défenseur de la nature, de la forêt, de ces gros mélèzes, témoins de notre monde qu’on abat pour se chauffer, jusqu’à épuisement. C’est une ode à la nature, tous les bienfaits de nature sont évoqués, le silence, la vie qui surgit malgré la rigueur du froid, le renouveau. C’est aussi à travers cet hommage à l’hiver, à son silence, sa dureté, un écrit qui sert de témoignage à la nature présente mais aussi celle passée, qui n’est plus car détruite par les hommes. En cela, le récit amène le lecteur à réfléchir sur la puissance de la nature et sur sa vulnérabilité. 

Une véritable déclaration d’amour à l’hiver et pourtant dans cet écrit, on ne peut pas dire que c’est une saison réjouissante mais ce qui ravit l’auteur c’est justement tout ce qu’on pourrait reprocher à l’hiver : les contraintes qu’il apporte, le froid, l’isolement mais c’est tout à la fois le calme et le silence, la magie de la neige. De très belles descriptions à ce sujet. Et c’est aussi une saison qui amène à tout remettre en perspective, ainsi l’auteur nous invite par de belles formules à réfléchir sur notre monde dans son ensemble, nos rythmes de vie. Clairement, je ne sais pas si je serai capable de rester aussi isolée, même accompagnée, mais cela fait envie de se retirer, au calme, près d’un feu pour lire, être hors du temps. C’est un peu ce que cette lecture propose.

Une belle découverte, à lire pour voyager, pour découvrir d’une certaine manière un autre monde.

Cœur-Naufrage – Delphine Bertholon

CVT_Coeur-naufrage_8959Ce roman est un de mes derniers coups de cœur de 2017 : Cœur-Naufrage, Delphine Bertholon, J-C Lattès (01/03/2017). 

Ce roman m’a bouleversé et tout au long de la lecture ce sentiment ne faisait que croître. 
L’histoire est magnifique, même si elle est très difficile. C’est l’histoire d’une jeune femme d’une trentaine d’années qui n’est pas épanouie dans sa vie qu’elle soit amoureuse, d’un point de vue de son développement personnel, même professionnellement elle n’a pas confiance en elle. On découvre petit à petit ce qui a pu se passer dans l’adolescence de cette jeune femme pour qu’elle soit ainsi, un événement a bouleversé sa vie, l’a changé à jamais, même si elle a tenté d’en effacer les traces dans sa vie. 

L’autrice nous raconte alors cette femme, un personnage féminin somme toute banale, dans lequel toute femme pourrait se reconnaître facilement, pas dans le drame qu’elle vit mais dans ses interrogations sur la vie, celles qu’on peut tous avoir : « et si… ». Un roman sur les choix que l’on fait dans la vie et sur ceux que l’on ne fait pas, que l’on nous impose. C’est le même genre d’interrogations que dans Miss Cyclone de Laurence Peyrin, l’événement n’est pas si différent mais le traitement et l’avenir est traité de manière différente. Ce sont des interrogations intéressantes et qui me touchent particulièrement.

Ce roman est aussi magnifique par son écriture. L’écriture est en effet percutante et à la fois fine, derrière une phrase, on perçoit quelque chose d’autre que ce soit terrible ou plein d’espoir. Beaucoup d’émotions traversent ce roman, il est très touchant, dramatique mais il est aussi plein de joie et d’espoir. C’est ce contraste qui révèle encore sa beauté.

Un roman coup de poing et coup de cœur à la fois.  

 

Le goût du bonheur – Marie Laberge

cvt_le-got-du-bonheur-tome-1-gabrielle_8703Le goût du bonheur, Gabrielle (tome 1), Pocket, 2007
C’est un roman que j’ai découvert, il y a peu, sur les chaînes de Margaud Liseuse et Lemon June, en librairie, j’ai été tenté pour ce beau pavé de 867 pages. Un livre qui vous tient compagnie pour un bon bout de temps. 

Le goût du bonheur, c’est une saga familiale, elle commence avec Gabrielle, la mère, une femme dans les années 30 au Québec, après la crise de 1929. La population est touchée massivement, la famille de Gabrielle aussi, mais étant privilégiée, elle va aider sa famille et petit à petit militer pour sauver le plus d’enfants possibles de la pauvreté et donc de la déscolarisation, de la maladie. C’est une femme qui a beaucoup de chance, elle a un mari aimant, une belle famille et la société est en plein changement, la politique, l’économie aussi, Gabrielle, elle, est prise entre deux feux, celle de la société qu’elle a toujours connue et dont elle voit les limites, coincée entre la morale de l’Eglise, encore toute-puissante, la position de la femme qui n’a pas son mot à dire dans la société. 

De ce fait, au-delà de la saga familiale, nous avons un roman avec des thématiques très différentes et cela ouvre beaucoup de réflexions sur cette période, je trouve que c’est un roman très féministe. D’une part les personnages centraux sont des femmes, Gabrielle évidemment et sa fille Adélaïde qu’on suivra plus particulièrement dans le deuxième tome. C’est très intéressant de suivre ces personnages et leur découverte d’un nouveau monde. Gabrielle est prise entre ses différentes identités, celle d’épouse, de femme qui attire et séduit les hommes malgré elle, c’est aussi une mère et pour ses enfants, elle est prête à tout, c’est aussi une croyante, et sa foi est mise à rude épreuve. Elle fait face à d’autres femmes, d’autres mentalités, ses sœurs moralement très droites, jusqu’à l’agacement et même se contredisant parfois, une amie Paulette qui a de nouvelles idées. Une belle galerie de personnages féminins qui incarnent toute une figure différente. 

Les personnages sont donc des types, parfois un peu caricaturaux, parce que un peu bornés, et sans nuances. Mais ce n’est pas un défaut, le personnage nuancé est le personnage principal, et si on devait se pencher sur les autres personnages, le livre ferait largement plus de 1000 pages. Donc on ne peut aller dans le détail pour les autres. Et cela changerait le propos du livre. Le plus de ce roman justement, c’est sa longueur, car on s’attarde bien sur la psychologie de Gabrielle et Adélaïde, le but de ce roman est de savourer l’ambiance du roman. Vraiment on prend du temps avec les personnages, d’ailleurs j’ai préféré les deux tiers du roman car les années s’écoulent lentement, alors que le dernier tiers est plus haché, beaucoup plus d’ellipses. Cela ne m’a pas gêné, mais j’ai adoré me trouver immerger dans cette maison familiale, partager leurs moments de joie ou de peine. C’est en plus essentiel pour s’immerger, débuter cette saga et s’attacher aux personnages. 

Ce qui est sûr c’est que je vais poursuivre la lecture des autres tomes, de plus comme une vraie saga, la fin du premier tome se termine de manière brutale et de manière très surprenante. Une vraie série qui se termine sur un rebondissement. Un roman que j’ai adoré et qu’il faut savourer. 

Avant toi – Jojo Moyes

cvt_avant-toi_4979Avant toi de Jojo Moyes, aux éditions Milady est un roman que j’ai beaucoup vu sur les blogs et réseaux sociaux, les avais étaient très positifs. Je me suis donc lancée dans l’aventure et autant le dire tout de suite je n’ai pas été déçue.

C’est l’histoire d’un homme Will qui semble a tout pour lui, un appartement de rêve, un travail à responsabilités, une fiancée magnifique, une vie trépidante, à peine le temps de souffler. Mais le roman commence sur son accident de la route et le voilà tétraplégique. On le retrouve deux ans plus tard, quand Lou, une jeune femme qui, au contraire, a du mal à se réaliser, ne trouve pas vraiment sa place dans le monde, entre au service de Will pour l’aider et lui tenir compagnie. La vie des deux jeunes gens en est complètement bouleversé, ils vont passer six mois à se découvrir et vivre de défi en défi.

C’est une romance, et une belle romance. Mais je ne l’ai pas trouvée gnan-gnan, enfin pas trop. Parce qu’une romance, à mon avis, évidemment ne peut y couper, mais j’ai trouvé que c’était assez subtile. Et franchement, ce n’est pas gagné quand on veut décrire une histoire entre un homme handicapé et une jeune femme peu sure d’elle, qui commet les pires indélicatesses, mais pleine de vie et tellement authentique. C’est en tout cas comme cela que je la perçois.

S’ajoute à ce fond romantique, cet amour naissant, un thème bien plus dramatique, au-delà de l’handicap qui n’est pas facile à accepter, on parle d’emblée du choix de mourir ou non. C’est là que j’ai trouvé le roman bien construit. Toute la tension est maintenue autour de ce thème, elle monte, elle monte… Et à chaque fois, que la tension est à son maximum, on ne sombre pas dans le pathos, car l’autrice passe à autre chose. Ce roman est donc une espèce de livre aux montagnes russes émotionnelles. On passe facilement de la légèreté, de l’humour de la situation, aux larmes, c’est peut-être un peu fort, mais à une petite émotion triste qui nous parcourt.

J’ai vraiment adoré ce roman. Je le trouve bien construit, une histoire qui vous emporte et qui ne tombe pas dans les clichés du genre. Ce n’est pas un immense coup de cœur, ou le livre du siècle pour moi, mais j’ai passé un moment très agréable avec ce roman, très touchant et je comprends pourquoi il a fait grand bruit sur les blogs.

A lire pour découvrir pour découvrir une histoire émouvante, sensible qui traite à la fois d’amour, de confiance, de la vie et de ce qu’on en fait.

 

Libertango – Frédérique Deghelt

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Avec c’est ce roman c’est une entrée directe dans le monde de la musique classique et de l’orchestre. Waouh ! Quelle ambiance, une atmosphère feutrée, un chef d’orchestre handicapé qui sent la musique, la partage avec tous et brise les frontières, voilà comment je résumerais très rapidement ce roman.

L’histoire c’est celle d’un jeune garçon qui se prend de passion pour la musique, arpente le conservatoire, ne pratique pas d’instrument mais il entend la musique. Il va évidemment faire des rencontres extraordinaires qui vont lui permettre de réaliser son rêve et grandir. Ses rencontres peuvent être de grands chefs qui ont véritablement existé, comme la voisine ou juste une musique.

Cette vie se déplie sous nos yeux en aller-retours multiples grâce à une jeune fille qui veut faire un documentaire sur ce personnage, tour à tour la narration se déploie autour des interviews filmées du chef, de son journal, ou de la voix même des personnages. Au début j’avoue que je ne comprenais pas tout mais finalement on s’y fait très bien.

Au-delà de l’histoire et de tout ce que l’on peut apprendre sur le monde de la musique, le style de l’auteure est sublime. Une douceur dans les mots, j’ai pris du plaisir à savourer chaque instant, à déguster les mots et souvent m’a pris l’envie de lire avec de la musique classique en fond pour vivre avec ces personnages un instant. La bonne idée c’est qu’à la fin Frédérique Deghelt partage avec le lecteur les morceaux qui ont accompagné son écriture.

Le seul petit bémol de ce roman si je peux me permettre ce jeu de mot, c’est que je me suis essoufflée dans cette lecture, j’avais envie de la terminer et dans le même temps je trouvais que je lisais trop lentement. C’est une lecture qui se déguste, j’ai peut-être perdu cette sensation de prendre le temps avec un livre dans ma course effrénée à la lecture. Une vraie réflexion à engager avec moi-même.

J’ai vraiment apprécié ce roman et cerise sur le gâteau, j’ai aimé le contact avec le livre, avec les pages de chez Actes Sud, ce grain très doux. Vraiment, ça faisait longtemps que je n’avais pas éprouvé cette sensation au toucher.

A lire pour découvrir un univers, pour prendre le temps avec les mots !  

La mort du roi Tsongor – Laurent Gaudé

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Un roman magnifique, je ne m’attendais pas à autant de beauté et à autant de tragique dans ce roman.
L’histoire du clan Tsongor après la mort du roi est tragique, pressentie par le roi qui met un terme à sa vie. Les enfants vont s’entre-déchirer dans une guerre dont ils ont perdu le sens, ne reste que la sauvagerie, le goût du sang et la vengeance. Tragique… Mais dans ce roman, ce qui est beau, ce sont les personnages, fiers, animés par le sens du devoir, la fierté de leur clan. La beauté vient aussi de ce pays, de ces paysages traversés par le dernier fils Souba qui a pour mission de construire le tombeau de son père.
Comme on le lit beaucoup, on a vraiment l’impression de lire une autre histoire de Troie assiégée, d’une famille maudite de la Grèce. On a le sentiment que ce roman est là pour nous instruire, d’un côté la sauvagerie et la guerre qui détruisent tout, tout ce qui est beau, ce qui a été, le bonheur de manière irrémédiable et de l’autre, c’est la guerre de Massaba. Et d’un autre côté, on a l’espoir, avec Souba, une vie retranchée, à part, qui dans sa quête trouvera un sens à sa vie, qui trouvera le moyen de sauver sa famille, qui lui restera fidèle. C’est aussi le roman de l’héritage familial dont on ne peut se soustraire. Et à la fois cela ressemble à un conte du bout du monde.
C’est magnifiquement écrit, on se laisse bercer par les mots, par ce chaud-froid permanent entre la tragédie et la beauté calme du monde. De courts chapitres qui rythment le récit. C’est un roman assez court aussi, mais cette concision dit tout à la fois, elle suggère autant que les phrases sont implacables, pleines de poésie.
Un livre marquant à lire absolument, un refuge dans un monde lointain rempli de beauté et de poésie.  

 

Avril Enchanté – Elizabeth Von Arnim

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Deux anglaises voient paraître une petite annonce pour louer un château en Italie durant le mois d’avril. Ces deux jeunes femmes moroses engluées dans leur quotidien, les convenances prennent leur courage à deux mains et sans révéler leur projet à leur mari, elles puisent dans leurs économies et se lancent dans l’aventure. Elles partagent ces vacances avec deux autres invitées, très différentes d’elles mais qui ont elles aussi besoin de calme.
Cohabiter ensemble n’est pas chose facile, mais la magie de l’endroit va faire son œuvre. Tout ce qui était triste et compliqué devient gaieté et simplicité dans cet endroit charmant où tout n’est que beauté.
Bref un mois extraordinaire va se jouer en ces lieux, un endroit comme on rêverait d’en trouver, un jardin splendide, le soleil, une retraite loin du monde où la liberté est de mise. C’est un endroit qui semble magique.
L’auteur décrit le jardin avec tellement de charmes, de précisions et de détails qu’on se dessine son propre jardin luxuriant, plein de recoins, calme et si vivant à la fois : enchanté et enchanteur ! C’est simplement écrit, c’est très léger. On pourrait dire que les événements qui arrivent sont plein de bons sentiments et tellement irréalistes, mais il s’agit d’une espèce de bulle, le lecteur accepte volontiers ces petites niaiseries. Cela fait beaucoup de bien.
Le roman se termine un peu vite, mais justement cela évite peut-être de tomber dans quelque chose de surfait et de trop facile. L’auteure esquisse à merveilles des portraits de femmes avec leurs désillusions, les déceptions mais c’est du coup plein d’espoir. La nature apparaît comme un remède à tout, un lieu de méditation, de repos, un lieu pour se ressourcer.
Un petit bonbon rose à déguster en toute saison pour un peu d’amour et de légèreté. 

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur – Harper Lee

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Ce classique de la littérature américaine, il ne faut pas passer à côté. C’est un livre magnifique, simple et tout à fait juste dans le choix des mots.
C’est un récit d’enfance, l’histoire de Scout, la petite fille rebelle et Jem, le jeune garçon, plein de fougue et qui veut montrer son courage. Ces deux enfants, élevés par leur père, seul, depuis la mort de leur mère, font l’expérience de la vie et vont de découverte en découverte, l’été où ils sont plus libres de découvrir leur voisinage. C’est d’ailleurs assez drôle et tendre, à travers leurs voisins, ils découvrent d’une certaine manière la nature humaine, ils développent leurs rapports sociaux.
Dans la deuxième partie, leur père est commis d’office pour défendre un homme noir, qui est innocent du crime qu’on l’accuse, mais on est en Alabama, on ne peut acquitter un noir. Les enfants vont en être victimes, leur père va travailler dur et cet épisode va transformer leur vie et leur apprendre davantage sur la vie.
C’est un roman plein d’espoir, touchant. Vraiment magnifique ! L’écriture, le récit tout est harmonieux dans ce roman, rien n’est de trop, c’est subtil, drôle, émouvant et simple.

A lire pour faire le plein d’innocence et voir le monde à travers des yeux d’enfant !

Toute passion abolie – Vita Sackville West

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Un roman assez incroyable sur une vieille femme qui décide après la mort de son mari de ne pas vivre avec ses enfants mais de se retirer du monde dans une maison qu’elle a repérée trente années plus tôt. Surprise générale !
Elle est accompagnée de sa fidèle domestique Genoux et va rencontrer là-bas trois personnes. Toutes âgées, ces personnages ont une philosophie de la vie bien arrêtée et des valeurs à défendre dans ce monde qui avance très vite et qui ne pense qu’à l’argent, à la compétition et au paraître.
Une vraie leçon de vie nous est donnée à travers le passé de cette femme qui a tout sacrifié à son mari, à sa famille. Le passé va d’ailleurs la rattraper faire une rencontre étonnante, une âme sœur oubliée.
Loin des conventions, des mondanités, elle refuse même de voir ses petits-enfants et arrière-petits enfants, c’est le portrait d’une femme de cœur mais d’une société aussi malade, vieillissante, face à la modernité.
C’est un roman tellement actuel, humain. Un vrai plaisir à lire et beaucoup à apprendre. Un nouveau regard sur le monde.
C’est aussi un vrai régal de littérature, c’est merveilleusement écrit. Un roman plein de sagesse et dépoussiérant à la fois.