Archives pour la catégorie Les belles découvertes

Avant toi – Jojo Moyes

cvt_avant-toi_4979Avant toi de Jojo Moyes, aux éditions Milady est un roman que j’ai beaucoup vu sur les blogs et réseaux sociaux, les avais étaient très positifs. Je me suis donc lancée dans l’aventure et autant le dire tout de suite je n’ai pas été déçue.

C’est l’histoire d’un homme Will qui semble a tout pour lui, un appartement de rêve, un travail à responsabilités, une fiancée magnifique, une vie trépidante, à peine le temps de souffler. Mais le roman commence sur son accident de la route et le voilà tétraplégique. On le retrouve deux ans plus tard, quand Lou, une jeune femme qui, au contraire, a du mal à se réaliser, ne trouve pas vraiment sa place dans le monde, entre au service de Will pour l’aider et lui tenir compagnie. La vie des deux jeunes gens en est complètement bouleversé, ils vont passer six mois à se découvrir et vivre de défi en défi.

C’est une romance, et une belle romance. Mais je ne l’ai pas trouvée gnan-gnan, enfin pas trop. Parce qu’une romance, à mon avis, évidemment ne peut y couper, mais j’ai trouvé que c’était assez subtile. Et franchement, ce n’est pas gagné quand on veut décrire une histoire entre un homme handicapé et une jeune femme peu sure d’elle, qui commet les pires indélicatesses, mais pleine de vie et tellement authentique. C’est en tout cas comme cela que je la perçois.

S’ajoute à ce fond romantique, cet amour naissant, un thème bien plus dramatique, au-delà de l’handicap qui n’est pas facile à accepter, on parle d’emblée du choix de mourir ou non. C’est là que j’ai trouvé le roman bien construit. Toute la tension est maintenue autour de ce thème, elle monte, elle monte… Et à chaque fois, que la tension est à son maximum, on ne sombre pas dans le pathos, car l’autrice passe à autre chose. Ce roman est donc une espèce de livre aux montagnes russes émotionnelles. On passe facilement de la légèreté, de l’humour de la situation, aux larmes, c’est peut-être un peu fort, mais à une petite émotion triste qui nous parcourt.

J’ai vraiment adoré ce roman. Je le trouve bien construit, une histoire qui vous emporte et qui ne tombe pas dans les clichés du genre. Ce n’est pas un immense coup de cœur, ou le livre du siècle pour moi, mais j’ai passé un moment très agréable avec ce roman, très touchant et je comprends pourquoi il a fait grand bruit sur les blogs.

A lire pour découvrir pour découvrir une histoire émouvante, sensible qui traite à la fois d’amour, de confiance, de la vie et de ce qu’on en fait.

 

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Libertango – Frédérique Deghelt

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Avec c’est ce roman c’est une entrée directe dans le monde de la musique classique et de l’orchestre. Waouh ! Quelle ambiance, une atmosphère feutrée, un chef d’orchestre handicapé qui sent la musique, la partage avec tous et brise les frontières, voilà comment je résumerais très rapidement ce roman.

L’histoire c’est celle d’un jeune garçon qui se prend de passion pour la musique, arpente le conservatoire, ne pratique pas d’instrument mais il entend la musique. Il va évidemment faire des rencontres extraordinaires qui vont lui permettre de réaliser son rêve et grandir. Ses rencontres peuvent être de grands chefs qui ont véritablement existé, comme la voisine ou juste une musique.

Cette vie se déplie sous nos yeux en aller-retours multiples grâce à une jeune fille qui veut faire un documentaire sur ce personnage, tour à tour la narration se déploie autour des interviews filmées du chef, de son journal, ou de la voix même des personnages. Au début j’avoue que je ne comprenais pas tout mais finalement on s’y fait très bien.

Au-delà de l’histoire et de tout ce que l’on peut apprendre sur le monde de la musique, le style de l’auteure est sublime. Une douceur dans les mots, j’ai pris du plaisir à savourer chaque instant, à déguster les mots et souvent m’a pris l’envie de lire avec de la musique classique en fond pour vivre avec ces personnages un instant. La bonne idée c’est qu’à la fin Frédérique Deghelt partage avec le lecteur les morceaux qui ont accompagné son écriture.

Le seul petit bémol de ce roman si je peux me permettre ce jeu de mot, c’est que je me suis essoufflée dans cette lecture, j’avais envie de la terminer et dans le même temps je trouvais que je lisais trop lentement. C’est une lecture qui se déguste, j’ai peut-être perdu cette sensation de prendre le temps avec un livre dans ma course effrénée à la lecture. Une vraie réflexion à engager avec moi-même.

J’ai vraiment apprécié ce roman et cerise sur le gâteau, j’ai aimé le contact avec le livre, avec les pages de chez Actes Sud, ce grain très doux. Vraiment, ça faisait longtemps que je n’avais pas éprouvé cette sensation au toucher.

A lire pour découvrir un univers, pour prendre le temps avec les mots !  

La mort du roi Tsongor – Laurent Gaudé

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Un roman magnifique, je ne m’attendais pas à autant de beauté et à autant de tragique dans ce roman.
L’histoire du clan Tsongor après la mort du roi est tragique, pressentie par le roi qui met un terme à sa vie. Les enfants vont s’entre-déchirer dans une guerre dont ils ont perdu le sens, ne reste que la sauvagerie, le goût du sang et la vengeance. Tragique… Mais dans ce roman, ce qui est beau, ce sont les personnages, fiers, animés par le sens du devoir, la fierté de leur clan. La beauté vient aussi de ce pays, de ces paysages traversés par le dernier fils Souba qui a pour mission de construire le tombeau de son père.
Comme on le lit beaucoup, on a vraiment l’impression de lire une autre histoire de Troie assiégée, d’une famille maudite de la Grèce. On a le sentiment que ce roman est là pour nous instruire, d’un côté la sauvagerie et la guerre qui détruisent tout, tout ce qui est beau, ce qui a été, le bonheur de manière irrémédiable et de l’autre, c’est la guerre de Massaba. Et d’un autre côté, on a l’espoir, avec Souba, une vie retranchée, à part, qui dans sa quête trouvera un sens à sa vie, qui trouvera le moyen de sauver sa famille, qui lui restera fidèle. C’est aussi le roman de l’héritage familial dont on ne peut se soustraire. Et à la fois cela ressemble à un conte du bout du monde.
C’est magnifiquement écrit, on se laisse bercer par les mots, par ce chaud-froid permanent entre la tragédie et la beauté calme du monde. De courts chapitres qui rythment le récit. C’est un roman assez court aussi, mais cette concision dit tout à la fois, elle suggère autant que les phrases sont implacables, pleines de poésie.
Un livre marquant à lire absolument, un refuge dans un monde lointain rempli de beauté et de poésie.  

 

Avril Enchanté – Elizabeth Von Arnim

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Deux anglaises voient paraître une petite annonce pour louer un château en Italie durant le mois d’avril. Ces deux jeunes femmes moroses engluées dans leur quotidien, les convenances prennent leur courage à deux mains et sans révéler leur projet à leur mari, elles puisent dans leurs économies et se lancent dans l’aventure. Elles partagent ces vacances avec deux autres invitées, très différentes d’elles mais qui ont elles aussi besoin de calme.
Cohabiter ensemble n’est pas chose facile, mais la magie de l’endroit va faire son œuvre. Tout ce qui était triste et compliqué devient gaieté et simplicité dans cet endroit charmant où tout n’est que beauté.
Bref un mois extraordinaire va se jouer en ces lieux, un endroit comme on rêverait d’en trouver, un jardin splendide, le soleil, une retraite loin du monde où la liberté est de mise. C’est un endroit qui semble magique.
L’auteur décrit le jardin avec tellement de charmes, de précisions et de détails qu’on se dessine son propre jardin luxuriant, plein de recoins, calme et si vivant à la fois : enchanté et enchanteur ! C’est simplement écrit, c’est très léger. On pourrait dire que les événements qui arrivent sont plein de bons sentiments et tellement irréalistes, mais il s’agit d’une espèce de bulle, le lecteur accepte volontiers ces petites niaiseries. Cela fait beaucoup de bien.
Le roman se termine un peu vite, mais justement cela évite peut-être de tomber dans quelque chose de surfait et de trop facile. L’auteure esquisse à merveilles des portraits de femmes avec leurs désillusions, les déceptions mais c’est du coup plein d’espoir. La nature apparaît comme un remède à tout, un lieu de méditation, de repos, un lieu pour se ressourcer.
Un petit bonbon rose à déguster en toute saison pour un peu d’amour et de légèreté. 

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur – Harper Lee

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Ce classique de la littérature américaine, il ne faut pas passer à côté. C’est un livre magnifique, simple et tout à fait juste dans le choix des mots.
C’est un récit d’enfance, l’histoire de Scout, la petite fille rebelle et Jem, le jeune garçon, plein de fougue et qui veut montrer son courage. Ces deux enfants, élevés par leur père, seul, depuis la mort de leur mère, font l’expérience de la vie et vont de découverte en découverte, l’été où ils sont plus libres de découvrir leur voisinage. C’est d’ailleurs assez drôle et tendre, à travers leurs voisins, ils découvrent d’une certaine manière la nature humaine, ils développent leurs rapports sociaux.
Dans la deuxième partie, leur père est commis d’office pour défendre un homme noir, qui est innocent du crime qu’on l’accuse, mais on est en Alabama, on ne peut acquitter un noir. Les enfants vont en être victimes, leur père va travailler dur et cet épisode va transformer leur vie et leur apprendre davantage sur la vie.
C’est un roman plein d’espoir, touchant. Vraiment magnifique ! L’écriture, le récit tout est harmonieux dans ce roman, rien n’est de trop, c’est subtil, drôle, émouvant et simple.

A lire pour faire le plein d’innocence et voir le monde à travers des yeux d’enfant !

Toute passion abolie – Vita Sackville West

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Un roman assez incroyable sur une vieille femme qui décide après la mort de son mari de ne pas vivre avec ses enfants mais de se retirer du monde dans une maison qu’elle a repérée trente années plus tôt. Surprise générale !
Elle est accompagnée de sa fidèle domestique Genoux et va rencontrer là-bas trois personnes. Toutes âgées, ces personnages ont une philosophie de la vie bien arrêtée et des valeurs à défendre dans ce monde qui avance très vite et qui ne pense qu’à l’argent, à la compétition et au paraître.
Une vraie leçon de vie nous est donnée à travers le passé de cette femme qui a tout sacrifié à son mari, à sa famille. Le passé va d’ailleurs la rattraper faire une rencontre étonnante, une âme sœur oubliée.
Loin des conventions, des mondanités, elle refuse même de voir ses petits-enfants et arrière-petits enfants, c’est le portrait d’une femme de cœur mais d’une société aussi malade, vieillissante, face à la modernité.
C’est un roman tellement actuel, humain. Un vrai plaisir à lire et beaucoup à apprendre. Un nouveau regard sur le monde.
C’est aussi un vrai régal de littérature, c’est merveilleusement écrit. Un roman plein de sagesse et dépoussiérant à la fois.

L’enfant-rien – Nathalie Hug

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L’enfant- rien c’est avant tout un enfant qui attend son père, son père qu’il fantasme car on découvre très vite qu’il n’en a pas ou du moins qu’il ne connaît pas son identité. Il va tenter de se faire adopter, se trouver l’identité de son père, une obsession pour lui car il pense n’être rien sans père.
Mais il a une mère, bien vivante celle-ci, qui pour seule réponse a « je ne sais pas ». Une mère qui devient vite un « tas de fraises à la crème » ! Une mère avec laquelle il était déjà difficile de communiquer mais après l’accident c’est pire…
Il a bien une sœur, une tante… Mais il ira de déceptions en déceptions…
Jusqu’au jour où le lecteur apprend la vérité !
Un véritable coup de théâtre !
C’est très court, mais c’est écrit avec beaucoup de tendresse à travers le regard de l’enfant, beaucoup d’images comme le font les enfants avec leur imagination débordante. Mais c’est aussi très dur, cet enfant qui se définit comme un enfant-rien, quoi de plus triste ! C’est attendrissant et parfois cruel, cette ambivalence est magique. Ce n’est jamais pénible à lire et pourtant ce qui est dit est toujours très fort.
La fin est sublime, le lecteur est pris complètement à contre-pied, on ne s’y attend pas du tout. C’est rude ! Mais tout semble éclairé, on a envie de relire le roman avec cette nouvelle donne.
C’est court mais puissant ! Bouleversant !

Une femme blessée – Marina Carrère d’Encausse

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Le roman s’ouvre sur une jeune femme, mère de 3 enfants dans un service de grands brûlés d’un hôpital. Une femme dont le médecin pense qu’elle mourra à causes de ses blessures atroces. Pour le médecin, c’est un cas comme il en a vu tant d’autres, cette femme n’a pas eu un accident, elle a sûrement été brûlée par son mari qui semble d’ailleurs si peu soucieux de son sort.
Mais cette femme a une force incroyable, elle va survivre et trouver la force de vivre, de rebondissements en rebondissements on va découvrir l’histoire de Fatimah, de ses enfants, de son mari. Et ce qui nous semblait évident, acquis est remis sans cesse en question, l’horreur grandit…
J’ai beaucoup aimé ce roman parce qu’il nous déstabilise, tout semble évident, on accuse très vite ceux qui nous semblent coupables, mais seule la femme détient le secret de ses blessures. C’est un autre regard aussi, sur une tradition diabolique d’un autre temps mais que l’on tait, que l’on connaît mal. Un livre qui est une dénonciation mais qui vient aussi détruire nos a priori, un roman qui parle de drames mais aussi d’amour, de bienveillance, d’espoir.
Tout ceci est écrit avec simplicité et justesse, pas de pathos mais une sensibilité tout en retenue, des sentiments qui s’expriment à demi-mots. Un beau roman sur un sujet assez dur mais le lecteur n’est pas plongé dans l’horreur, il découvre une vie, une femme forte, résistante.
Un roman qui révèle, qui apprend, qui fait aimer la vie et donne de l’espoir.

 

Titus n’aimait pas Bérénice – Nathalie Azoulai

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Beaucoup de critiques sur ce roman de la rentrée 2015, même si je viens un peu tard pour faire part de ma lecture, je tiens à laisser une trace pour rendre compte de mon expérience magique et de ma rencontre avec ce livre.
Une écriture toute en finesse tout d’abord, simple, pure je dirai, un peu à la Racine, des phrases simples mais tout à la fois percutantes et dont on savoure les mots. C’est l’effet de cette citation qu’on retient du roman qui frappe par sa justesse aussi :  » On dit qu’il faut un an pour se remettre d’un chagrin d’amour. On dit aussi des tas d’autres choses dont la banalité finit par émousser la vérité ». Je n’en reteins qu’une mais il y en a tellement d’autres pour parler de Racine.
On s’attend à lire une histoire d’amour, une rupture et finalement nous voilà emmenés dans la vie de Racine. Personnellement, étant admirative et aimant beaucoup ce dramaturge j’étais conquise d’avance mais le regard que l’auteure porte sur cet homme, ses réussites, ses failles. On est dans ses pensées, ses attentes. C’est assez magique de se trouver dans cette vie. C’est vraiment passionnant.
C’est ainsi la rencontre d’un homme et d’un style. Magique, palpitant et tellement enrichissant.

Eux sur la photo – Hélène Gestern

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Je l’avais repéré depuis un moment, voilà enfin le moment de le lire !
Un livre magnifique ! Dès les premières pages vous êtes emportés par l’écriture, c’est subtil, doux et fin. Une écriture enchanteresse doublée d’une énigme. Hélène écrit une annonce à paraître dans un journal pour avoir des explications sur une photo qu’elle a retrouvée. Un homme répond, une correspondance s’engage. le voile sur ce pan de leurs histoires familiales se lève petit à petit, une histoire parfois difficile à entendre, qui apporte des doutes, qui explique leurs vies actuelles…
On ne lâche pas un seul instant ce livre, on a envie de le reprendre dès que possible, je l’ai dévoré. Les indices se révèlent au fur et à mesure, ponctués par la découverte des photographies, et les lettres qui vont suivre. Il y a vraiment quelque chose d’original dans ce récit.
Un moment magique à passer en compagnie de ces personnages et il est vraiment intéressant de se trouver transporter dans une histoire où le fil conducteur est composé de photographies, c’est fou ce pouvoir des mots qui donnent à voir.
Enchantée par cette lecture…