Publié dans Les livres sympathiques

La bibliothèque des cœurs cabossés – Katarina Bivald

bm_42835_aj_m_4550

Je suis dans une période feel good côté romans, du léger, sans prise de tête, un genre qui ne déçoit que rarement car les attentes sont souvent comblées, une fin heureuse, pas trop gnan-gnan et on part dans une nouvelle aventure.

La Bibliothèque des cœurs cabossés a eu un succès immense, je le lis avec des années de retard, mais je ne me force pas à lire toutes les nouveautés, je les note et je les garde pour plus tard.

Alors si vous ne l’avez pas encore lu voici l’histoire : Sara, une jeune suédoise entretient une correspondance avec une cliente Amy Harris, américaine, de l’Iowa, Broken Wheel. Sara arrive donc pour rencontrer son amie et pour passer d’agréables vacances à lire et discuter, mais quelle surprise quand elle apprend que son amie est morte peu avant son arrivée. Un vrai désastre ! Et finalement dans cette ville, avec ses habitants si étranges, si cabossés 😉 Sara va se faire une place dans leur cœur, elle devient le centre de toutes les attentions. Cependant son visa de touriste va expirer et les habitants redoutent de voir partir cette jeune femme qui leur amène l’espoir d’une vie nouvelle.

Une histoire qui mêle les livres, des histoires très diverses sur les vies des habitants, un soupçon d’amour et vous avez un bon roman pour se détendre. Cette jeune femme aime les livres et il est agréable de voir comment elle conseille les habitants très réticents à la lecture, mais l’idée que tout le monde a un livre qui lui correspond parcourt ce roman. C’est le fond de ce roman, le lien qui unit la littérature et la vie, comment la littérature peut permettre de supporter la vie, elle permet de se distraire, de s’échapper, de se dépasser, d’avoir un autre regard sur le monde. Evidemment tout ça dans une ambiance très détendue, rien de bien philosophique, mais les titres des chapitres parfois tendent à le rappeler (littérature 1 – vie 0 par exemple).

J’ai beaucoup aimé cette histoire, je comprends maintenant son succès, il est sympathique, les personnages un peu loufoques sont attachants, certes les situations sont parfois incongrues, rien de réel mais on se prend tout de même au jeu et on très envie de voir ces habitants de Broken Wheel prendre leur revanche sur la vie. J’ai eu beaucoup d’empathie et sympathie pour ces personnages. Mission accomplie pour ce roman.

A lire pour se divertir, passer un bon moment dans une ville américaine hors norme.

Publié dans Les livres sympathiques

Les derniers jours de Rabbit Hayes – Anna McPartlin

51ezv34wtll-_sx210_Cette couverture fleurie on la voit partout dans les blogs, des avis plutôt positifs, pas tous, mais quand même, il a croisé ma route je l’ai emprunté pour me faire une idée de ce phénomène.

L’histoire c’est celle de Mia rebaptisée Rabbit par sa famille et ses amis, elle vit ses derniers jours en entrant dans un centre de soins palliatifs. Autour d’elle, sa famille, ses parents, son frère, sa sœur et surtout sa fille Juliet, enfin ses amis, lui rendent visite pour lui dire adieu. Rabbit, entre deux éveils douloureux, se remémore son passé d’adolescente, son amour de toujours.

Evidemment, le thème est loin d’être drôle, Rabbit a un cancer et on connaît la fin. Bref, tout l’intérêt ce sont les liens familiaux de cette famille aimante, un peu hors-norme par certains aspects, une famille avec ses disputes, ses contradictions, ses fous rires, on pourrait dire un joyeux bordel. Chacun avec ses problèmes. Mais une seule chose les anime, il faut être réuni autour de Rabbit, qui nous apparaît comme une personne assez extraordinaire, très chérie par ceux qui l’entourent. Au-delà du thème de la maladie, qui semble par ailleurs très documenté, la famille, il y a les amours, de belles tranches de vie à lire. Je dirai donc que c’est un roman très divertissant, on s’attache vraiment à tous ces personnages. Je faisais partie de ce monde pendant les quelques heures de lecture de ce livre, je les retrouvais toujours avec plaisir.

Un roman que j’ai trouvé aussi émouvant. Et je suis assez enthousiaste sur ma lecture proche, mais même si je sais que je n’ai pas lu le livre du siècle, j’ai vraiment passé un agréable moment et malgré tout j’ai eu une petite larme à la fin. Je trouve que tout cela est bien ficelé, plausible, ni trop sentimental, ni trop dans le pathos. Ce n’est pas trop cliché, malgré le thème de la mort et de la maladie, cela reste un roman assez facile à lire.

A lire pour passer un moment intense et émouvant dans une famille remplie d’amour, de problèmes, pour s’attacher à tous ceux là et passer un bon moment en leur compagnie.

Publié dans Les livres qui apprennent, Les livres sympathiques

L’arabe du futur -Riad Sattouf

bm_cvt_larabe-du-futur_928

J’ai enfin lu cette bande dessinée au grand succès, dont tout le monde parle… Et je n’ai pas été déçue. L’histoire c’est celle de Riad, petit garçon aux cheveux d’or qui part avec son père et sa mère vivre en Lybie tout d’abord. Le père de Riad a en effet obtenu un poste d’universitaire là-bas, au moment où Khadafi prend le pouvoir et a pour ambition d’éduquer son peuple.
Tout se mêle alors dans ce récit : vie politique et la vie personnelle d’un petit garçon qui ne comprend pas tous les enjeux de la vie, de la société. Les mots sont donc simples, mais tellement innocents parfois qu’ils en sont criants de vérité et percutants pour un lecteur adulte.
Puis après un passage en France, c’est le déménagement en Syrie, le père de Riad est syrien justement, il retrouve alors sa famille. Pour le petit Riad, la vie devient plus difficile, il grandit, il a du mal à se faire accepter avec ses cheveux blonds, à se faire des amis car il ne va pas encore à l’école. Il a du mal à s’intégrer à cause de sa différence. Un beau sujet.
On s’attache beaucoup à ce petit bonhomme qui découvre la vie, on entre bien dans cet univers à chaque fois monochrome, cela donne une ambiance mais la couleur qui nous inviterait au réalisme, nous laisse extérieur et cela paraît de ce fait moins dur. On voit ce que voit cet enfant, une vision naïve, édulcorée de ce qui se joue parfois de cruel.

Une bande dessinée à découvrir car on y apprend tellement.

Publié dans Les livres sympathiques

La petite boulangerie du bout du monde – Jenny Colgan

512rfveutcl-_sx303_bo1204203200_

C’est l’histoire d’une jeune femme qui a tout perdu semble-t-il : son boulot, son compagnon, ses amis… Elle veut tout reprendre à zéro et part sur une île dans les Cornouailles avec le peu d’argent qu’elle possède.
Une île c’est toujours un peu particulier, les gens peuvent être étranges mais ils se comprennent et se connaissent bien. Polly va donc s’adapter dans ce nouvel univers, elle va y être aidée par l’arrivée d’un macareux blessé dont elle va prendre soin. Son atout : la cuisine et particulièrement la pâte. Elle adore faire du pain et cela tombe bien la boulangerie est tenue par une vieille femme grincheuse. Il faut ajouter à cela des rencontres : les marins du port, l’apiculteur taiseux, le vétérinaire et la meilleure amie.
Tous les ingrédients sont réunis : amitié, amours, drame, légèreté… On passe un bon moment, un roman à l’eau de rose et pourtant pas tant que ça. Car finalement les sentiments des personnages sont assez complexes, rien n’est trop caricatural.
Mais le meilleur du roman c’est le goût du pain extraordinaire que Polly fait et qui rend tout le monde accroc, ce roman sent bon le pain frais et chaud. On a envie d’avoir une boulangerie comme ça, on a envie d’une île pour quitter le tourbillon impétueux de la vie, se retirer et regarder la mer.
C’est un roman léger, divertissant. Aucun mal à se faire plaisir !

Publié dans Les livres sympathiques

La galerie des maris disparus – Natasha Salomons

sm_cvt_la-galerie-des-maris-disparus_3985

C’est un livre très frais, l’histoire d’une femme juive abandonnée par son mari et qui se retrouve seule avec ses deux enfants dans une société très conservatrice. Mais cette femme semble avoir une bonne étoile et surtout un goût sûr pour les œuvres d’art. Elle fera aussi les bonnes rencontres. Sa vie est parsemée de rencontres avec des artistes qui veulent faire son portrait pour différentes raisons : amour, amitié, pour payer une dette… Elle aura sa propre galerie de portraits en même temps qu’elle devient une galeriste renommée dont on suit la vie. Elle va tenter de retrouver son mari, demander le divorce, croquer de nouveau la vie à pleine dents, voit grandir ses enfants. Une vie bien remplie envers et contre tout.
C’est assez bien écrit, c’est très plaisant et divertissant, sans prise de tête. On se prend au jeu, on se prend de sympathie pour cette femme. J’avais adoré La vie rêvée de Jack Rosenblum. Celui-ci est peut-être moins drôle mais tout autant attendrissant.

A lire pour changer, se divertir et prendre la vie du bon côté.

Publié dans J'ai adoré, Les livres sympathiques

Le mystère Henri Pick – David Foenkinos

51skn15w1cl-_sx210_

L’histoire : Un manuscrit est retrouvé dans une bibliothèque de livres refusés. Un bibliothécaire, un peu particulier, ouvre à partir d’un modèle américain, un endroit où les auteurs peuvent venir déposer leur manuscrit refusé par les éditeurs.
Une jeune éditrice justement exhume un manuscrit écrit par un certain Henri Pick, un pizzaiolo mort il y a deux ans, qui n’a jamais eu l’apparence d’un écrivain, qui n’a jamais exprimé cette envie. Mais le succès est là, cette histoire plaît, tout le monde peut écrire et surtout les éditeurs n’ont pas toujours raison. Un journaliste littéraire pas dupe va lui enquêter de son côté et va mettre cette histoire au clair.
Mais évidemment derrière cette apparence de mystère, de suspense, ce roman n’est pas que cela. Ce sont aussi beaucoup d’histoires croisées, des relations amoureuses, des couples forts, des couples rodés, érodés… Ce roman de Pick va bouleverser beaucoup de destins, d’où cette petite réflexion, la littérature peut vous changer… Bon la ficelle est un peu grosse dite comme ça et tout cela est bien plus subtil chez Foenkinos. Mais oui, ce livre va changer la vie de ces gens, car le succès est si incroyable que tout est changé.
Mais ce n’est pas non plus que cela, ce roman c’est aussi un regard sur notre société, sur le monde littéraire, ce sont des petites critiques parsemées de-ci delà. Rien de bien nouveau, mais ce sont de petits clins d’œil sur notre monde d’aujourd’hui, un petit instantané.
Ce roman est une lecture fraîche qui détend, un mystère qui vous tient un peu en haleine, c’est aussi très tendre comme l’auteur sait le faire à son habitude, écrit en toute simplicité.
A lire pour se détendre, pour passer un bon moment entre mystère, amour et manipulation.

Publié dans Les livres sympathiques

Ce mexicain qui venait du Japon et me parlait de l’Auvergne – Jean-Claude Lalumière

51pm9esfm6l-_sx210_

Je suis une inconditionnelle de Jean-Claude Lalumière, je n’ai pas tout lu, mais j’ai beaucoup aimé découvrir cet auteur avec Le front russe, je me suis régalée avec La campagne de France, alors lire ce roman était une vraie envie.
C’est l’histoire d’un jeune homme qui quitte sa mère et l’île d’Oléron pour commencer un travail à Paris avec le rôle de promouvoir la Cité à travers le monde et même la province. Une promesse alléchante de voyage pour ce trentenaire célibataire !
Mais enchaîner les hôtels, les réunions et les salons s’avèrent plus pénibles qu’on pourrait le penser… Pas de visite touristique, mais des trajets surtout, des aéroports, des gares et quelques rencontres. L’une d’elles va bouleverser sa vie, celle avec une jeune femme…
Ce que j’ai retrouvé c’est un personnage qui n’arrive pas à dire ce qu’il veut dire et se trouve embarqué malgré lui dans des situations qu’il n’a pas désiré. Un vrai naïf auquel on s’attache, un empoté sympathique. Et ça j’adore, c’est très drôle notamment l’épisode où le personnage garde le chien de son patron.
Mais justement à part quelques passages drôles et inattendus je trouve qu’il manque un peu de mordant par rapport à ses autres romans. j’ai trouvé que ce n’était pas assez extravagant, des aventures improbables, je dirai que là c’est un peu plus sage… Un peu dommage ! J’ai moins ri. Après c’est un roman très divertissant et rafraîchissant qui se lit très facilement et on ne rechigne pas à y retourner, surtout que la situation initiale réécrite et détaillée à la fin du roman est assez drôle, une vraie scène de théâtre.
En revanche j’ai un véritable a priori pour le titre du roman qui fait très commercial et très à la mode, mais le rapport avec l’histoire est un peu forcé. De plus il est trompeur et cela ne relève pas de quelque chose de drôle. Une petite déception, je préférais les titres certes moins drôles a priori mais ils avaient leur propre touche.
A lire pour rire et se divertir.

Publié dans Les livres sympathiques

La théorie de la tartine – Titiou Lecoq

Je commence à être une habituée de Titiou Lecoq et j’avoue prendre pas mal de plaisir à cette lecture, car je trouve cela drôle et irrévérencieux.
Dans la théorie de la tartine, Titiou Lecoq décrit l’odyssée d’internet de ses débuts à aujourd’hui. Et franchement c’est une agréable lecture d’abord mais c’est aussi une lecture qui met quelques problèmes en perspective, comment internet est récupéré par les politiques par exemple alors que c’est un vrai espace de liberté pour les jeunes qui se saisissent de ce média.
Une vraie réflexion sur la perversion d’internet.

Les personnages sont sympathiques, avec leur problèmes de vie. Ils sont en réalité un peu bargeots… On se dit qu’ils ont de tels tocs, de tels handicaps dans la vie. Cela crée une véritable distance entre eux et nous. Et pourtant ils ont aussi des problématiques qui nous ressemblent tellement. C’est un roman plein de contradictions. 
C’est cela que j’aime beaucoup car finalement on voit que tout est un peu fou, pas sérieux, donc une lecture qui donne un peu de frais et qui est loin des codes traditionnels. ça change !

Et puis pour finir c’est une belle ode à l’amitié ! 
Je vous le conseille pour un petit moment détente, sans prise de tête.

Publié dans Les livres sympathiques

Les Suprêmes – Edward Kelsey Moore

C’est un roman assez surprenant, on pense qu’on va lire un roman du genre « La couleur des sentiments », certes on a 3 amies afro-américaines qui vont s’entraider dans leurs malheurs et partager de grandes joies, mais en réalité tout est très différent.
Tout d’abord ces 3 amies sont surnommées les Suprêmes comme les chanteuses, un trio de choc, ce sont 3 personnalités surprenantes et très attachantes. Elles ont chacune leur petit quelques chose, on découvre leurs faiblesses, leur force aussi. Une amitié très forte les lie, c’est l’histoire de leur vie qui se peint devant nos yeux (allusion à une remarque très poétique d’Odette dans le roman).
En filigrane se dessinent les thèmes de la ségrégation, la maladie, l’infidélité, la place de la religion, des thèmes sérieux mais là où réside tout le charme de ce roman, c’est qu’il a un côté un peu déjanté. Et cela commence dès le début…
On est à mi-chemin entre la réalité, le fantastique et le burlesque. Un roman drôle, donc, on passe un bon moment avec ce trio infernal, mais il y a beaucoup d’émotions aussi en lisant cette histoire d’amitié un peu hors norme.
Un bon divertissement, à lire sans se prendre la tête juste pour penser à autre chose, et mine de rien de laisser bercer par une histoire émouvante et drôle à la fois.

Publié dans Les livres sympathiques

L’atelier des miracles – Valérie Tong Cuong

L’histoire : Une jeune fille, un SDF et une prof, trois personnages : désorientés, à bout de souffle, en perdition, trois vies qu’il faut reconstruire après un drame. C’est la mission de l’atelier des miracles. Un atelier qui répare les vies, un vrai conte de fée… 

Un roman qui me tentait dès sa sortie, un plaisir de pouvoir enfin le lire. Un livre prometteur… Dès les trois premiers chapitres, les trois personnages se retrouvent dans des situations dramatiques, une tension extrême… Je me suis dit dès le début ça commence bien… Puis c’est l’apparition de l’atelier dans la vie des trois personnages, un atelier qui reconstruit les vies détruites : merveilleux ! Plusieurs chapitres… On attend… Tout semble se mettre en place… quand-est-ce qu’il se passe quelque chose ? C’est le pays des Bisounours… La fin relève un peu le tout, à ce moment là, je commence à ne plus lâcher le livre. Et finalement le dernier chapitre m’a de nouveau un peu déçu. 

J’attendais beaucoup de ce roman, de la tendresse, du bonheur, mais j’ai l’impression d’avoir trouvé de la mièvrerie. Sur le bandeau du roman : Prix de l’optimisme. Alors oui, c’est vrai, c’est un livre joyeux, doux, optimiste, peut-être… En fait ce qui me manque dans ce roman c’est plus de force… Quelques moments forts, et justement j’ai bien aimé le fait que dans cet idéal d’un atelier des miracles, tout ne soit pas rose bonbon. Un peu de réalité enfin, et la dénonciation d’une société qui ne fait rien gratuitement. J’ai aimé ce côté. 

Mais pour nous faire comprendre cet aspect : un personnage,Jean qui encadre l’atelier… Je ne l’ai pas beaucoup aimé. Les autres personnages sont perdus, naïfs, ils ont besoin de repères, on leur pardonne leur innocence, leurs oeillères. Mais Jean, je l’ai trouvé trop caricatural, trop bon samaritain, trop lisible, trop dans l’excès. C’est justement le personnage qui pour moi met tout en balance, tempère ce côté idéaliste, je l’aurai voulu plus trouble, plus tangent… Le personnage qui m’a le plus plu, c’est Sylvie, la secrétaire, un personnage secondaire, en fait ce qui me plaît chez elle c’est son côté rationnel, ancrée dans la vie, la vraie. Alors c’est peut-être ça que je retire de ce roman, une galerie de portraits qui veut nous montrer la vie, la société qui se joue entre l’idéal, le rêve et la cruauté, la réalité. Et chacun doit composer. Un beau message finalement. 

Je suis contente d’avoir découvert ce roman, même si j’ai été un peu déçue par quelques aspects. 
A lire pour y trouver de la tendresse, de la douceur dans un monde de bruts.