Publié dans J'ai bien aimé

Pietra viva – Leonor de Recondo

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En ce moment, je lis des livres sortis il y a quelques années, dont j’avais noté les titres, il est temps de se mettre un peu à jour…

L’histoire c’est celle de Michel-Ange et elle commence assez durement avec la dissection d’un corps dès le premier chapitre, il s’agit d’une personne que Michel-Ange trouve très beau, un visage parfait, de celui qu’on a envie de sculpter. Cet épisode va durement le marquer et faire ressurgir des souvenirs douloureux chez l’artiste, le mettre à rude épreuve, il va devoir tenter de rallier le monde des vivants, trop hanté par celui des morts.

C’est aussi un peu l’histoire d’un artiste qui choisit ses blocs de marbre en vue du tombeau de Jules II, la vie de carrier à Carrare, celle de personnes vivant XVIe siècle où la mort est si banale.

Michel-Ange est un personnage attendrissant dans la mesure où il apparaît comme un génie reconnu de son temps mais qui pétri de doutes, ou pour reprendre une image du roman : un coquillage, fragile et dur à la fois, rempli de voix intérieures. Cette dualité entre l’artiste odieux et l’homme qui souffre comme les autres, j’ai trouvé que c’était très intéressant. Une histoire où l’on rentre dans la psychologie du personnage. Ainsi le rapport aux  souvenirs est un thème très important : comment ne pas oublier un être aimé ? Comment faire le deuil ? Toutes ces questions se posent alors que l’on soit un enfant, un adulte, rien ne change, les mêmes épreuves à affronter.

Le roman alterne entre narration et les lettres non envoyées au frère Guido, une sorte de confident dans les moments d’errance de l’artiste, on est vraiment dans les pensées de l’artiste et évidemment on n’échappe pas à celui de l’artiste tourmenté. Une écriture fluide et donc un roman qui se lit très rapidement, une petite lecture divertissante et intéressante, car il faut le répéter cette vie à Carrare est une vie assez particulière, hors-norme : les blocs de pierre peuvent tout aussi bien détruire la vie de ces hommes comme leur donner le plus beau.

A lire pour passer du temps avec Michel-Ange, pour découvrir la magie du marbre de Carrare…

Publié dans Les livres qui apprennent

HhhH – Laurent Binet

41npgmshovl-_sx210_Un livre que je devais lire depuis un moment, il traînait dans ma bibliothèque, l’adaptation filmique sort au cinéma, il était temps de voir ce qu’il en est de ce livre dont j’avais beaucoup entendu parler à sa sortie autant en bien qu’en mal.

L’histoire : L’essentiel se passe en Tchéquie sous l’Occupation, l’auteur nous explique comment la situation de la Tchéquie si particulière va accueillir contrainte celui qu’on craint Heydrich, le bras droit d’Himmler. Un attentat est fomenté contre lui.

L’auteur analyse les sources de cet événement, le portrait d’Heydrich est disséqué : sa personnalité, sa famille, sa montée au pouvoir. On comprend aussi toute la géopolitique de l’époque, je trouve que l’auteur a été assez complet. On découvre aussi les trois personnages principaux, les parachutistes qui ont pour mission de tuer Heydrich.

J’ai beaucoup aimé ce roman, j’ai littéralement avalé les cent dernières pages, j’étais complètement aux prises avec l’Histoire, je voulais connaître le dénouement de cet épisode. Soit dit en passant, je ne connaissais rien de cette période de l’Histoire en Tchéquie, j’exagère peut-être un peu, mais ce qu’on connaît de la Seconde Guerre Mondiale en France, se concentre sur le front de l’Ouest, j’ai peu lu sur l’Europe de l’est. J’ai donc appris énormément de choses. Des choses tragiques, la résistance n’est pas un acte anodin et il faut beaucoup de courage à ces personnes auxquelles l’auteur veut rendre hommage.

La particularité de ce roman, c’est qu’il se veut un roman historique où l’auteur explique toute sa difficulté à respecter l’histoire et l’envie que l’on peut avoir à romancer ce que l’on ne connaît pas. En effet, il manque toujours les détails, les dialogues dans une histoire, l’auteur ne peut prétendre à la vérité historique, il cherche à coller à cette vérité, mais il fait part de ses doutes, de ses errances, de sa difficulté à écrire certaines scènes. Le récit est donc ponctué de ces apartés avec le lecteur. L’auteur fait aussi référence à d’autres ouvrages traitant du même sujet.

Je comprends qu’on puisse être quelque peu dérouté, les premières pages m’ont un peu surprises des chapitres très courts, donc des interruptions permanentes dans le fil du récit. Mais petit à petit, je m’y suis habituée et j’ai trouvé cela très intéressant, on a l’impression que l’œuvre se fait sous nos yeux, que l’auteur partage son journal d’écriture, que certains chapitres n’ont pas été retouchés. Je trouve cela assez original de nous laisser penser que l’œuvre n’est qu’une ébauche, qu’elle ne sera jamais parfaitement ce que l’auteur voulait en faire.

Ce roman alterne avec des réflexions historiques et littéraires qui en font un roman très particulier, très intéressant. J’ai vraiment adoré !

A lire pour découvrir un pan de l’histoire tchèque, pour voir un roman en train de se faire.

Publié dans J'ai adoré

Les prépondérants – Hédi Kaddour

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C’est l’histoire de quelques personnages : Raouf et Rania, les tunisiens, les Français : Gabrielle, la journaliste et Ganthier le colonialiste, enfin le groupe d’américains qui arrivent à Nahbès pour tourner un film : Kathryn et Neil. Voilà de quoi bouleverser le quotidien et de changer les rapports de force ! L’arrivée des américains dérange notamment le cercle des Prépondérants qui avait la main mise sur tout ce qui se passait et constitue l’élite de la ville.

Le roman raconte comment se rencontrent ces personnages, comment les liens vont se tisser entre eux et tout cela se passe avec tout le poids des préjugés de chacun, leur culture aussi. Les destins de ces personnages se croisent et chacun va changer au contact de l’autre. Le voyage en Europe que les personnages vont effectuer va de nouveau redistribuer les cartes, chaque personnage va de nouveau évoluer et voir les choses sous un regard nouveau. Ce qui est vraiment intéressant dans ce roman c’est que les personnages ne sont pas des individus qui sont maîtres de leur vie, ils sont déterminés par des contingences extérieures : la politique et la société vont les pousser à agir malgré eux et les enfoncer dans leur position.

Au-delà des thèmes du colonialisme, du communisme, du poids des traditions, l’auteur dépeint des personnages qui finalement ont du mal à se rencontrer véritablement même s’ils se côtoient, on assiste à des moments de colère, de doute, de rancœur et c’est toute la nature humaine qui alors défile sous nos yeux. Il s’agit aussi pour l’auteur de dépeindre une époque, on rentre dans ce roman avec douceur, on se laisser bercer. Et ce que j’ai préféré dans l’écriture, ce sont des moments de tension disséminés dans le roman, où tout nous semble soit acquis, soit impossible à se réaliser et d’un moment à l’autre l’auteur nous a trompé et par le biais d’une petite phrase nous renverse la situation. Je trouve cela assez magistral.

J’ai trouvé l’écriture également très envoutante. Au départ, j’ai cru que je n’allais pas accrocher car le rythme est assez lent, le temps que tout se mette en place. Mais finalement l’écriture nous transporte dans un ailleurs quelque peu vieilli, des années 1920, mais tellement charmant. Et ce que je préfère dans ce roman c’est le mystère, ce que je ne révèlerai pas ici mais une question reste en suspens, la fin du roman ne vient pas nous éclairer et nous laisse non pas un goût d’inachevé mais une vraie leçon de vie…

Ce roman a été pour moi un petit bijou de littérature, j’ai savouré chaque mot.

Publié dans les thrillers

Les loups à leur porte – Jérémy Fel

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Avant cette lecture, je m’attendais à un thriller, mais après l’avoir terminé, je peux garantir que je ne m’attendais pas à cela. Un vrai sentiment de malaise m’a parcouru tout au long de ce roman, un roman très noir, très cruel. Evidemment, c’est ce qu’on attend d’un thriller, mais là il faut dire que c’était décuplé.

J’ai donc beaucoup aimé cette histoire qui commence aux Etats-Unis dans une maison perdue dans un champ de maïs, on sent tout de suit que quelque chose de terrible va se produire, mais déjà le premier chapitre se clôt sur une surprise, un rebondissement cruel incroyable. Et le roman est lancé. Chaque chapitre est l’occasion de découvrir un nouveau personnage, on va en France, en Angleterre, en Californie, l’Idaho… Tout est relié, et il faut attendre la fin pour voir comment chaque personnage est relié à un au autre ou en croise un autre qu’on n’attendait pas.

De ce fait le jeu des points de vue est très important dans ce roman choral, car une histoire insignifiante au début, prend tout son sens dans un autre chapitre, vu par un autre personnage. Il y a tout de même une histoire principale qui nous fait espérer que tout ne se terminera pas mal, car chaque histoire révèle son tueur et chacun rivalise de cruauté. On s’attache donc à Mary Beth qui revient dans plusieurs chapitres et on suit son histoire avec beaucoup d’appréhension.

Je trouve cependant qu’on trouve beaucoup de tueurs dans cette œuvre, certes dans un thriller, rien de plus normal, mais là on a l’impression qu’on en croise à chaque coin de rue, qu’un personnage en croise plusieurs au cours de sa vie, tel un aimant à tueur. C’est une sensation étrange, car si on peut avoir un psychopathe, quelle probabilité d’en croiser un deuxième. Cela alimente peut-être l’idée du roman, la manière dont on construit sa personnalité, entre ce qui nous vient du passé, ce qu’on cherche à enfouir, ce qui surgit malgré nous. Il suffit d’un déclic, d’une mauvaise interprétation. Dans tous les cas, les personnages de l’auteur sont très machiavéliques.

Je trouve que c’est très réussi, visiblement il s’agit d’un premier roman, waouh ! On prend une claque. Je ne l’ai pas lâché même si franchement, l’histoire me mettait mal à l’aise.

A lire pour frissonner, mais ne pas avoir peur d’un roman très noir, très cruel.

Publié dans Les livres sympathiques

La bibliothèque des cœurs cabossés – Katarina Bivald

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Je suis dans une période feel good côté romans, du léger, sans prise de tête, un genre qui ne déçoit que rarement car les attentes sont souvent comblées, une fin heureuse, pas trop gnan-gnan et on part dans une nouvelle aventure.

La Bibliothèque des cœurs cabossés a eu un succès immense, je le lis avec des années de retard, mais je ne me force pas à lire toutes les nouveautés, je les note et je les garde pour plus tard.

Alors si vous ne l’avez pas encore lu voici l’histoire : Sara, une jeune suédoise entretient une correspondance avec une cliente Amy Harris, américaine, de l’Iowa, Broken Wheel. Sara arrive donc pour rencontrer son amie et pour passer d’agréables vacances à lire et discuter, mais quelle surprise quand elle apprend que son amie est morte peu avant son arrivée. Un vrai désastre ! Et finalement dans cette ville, avec ses habitants si étranges, si cabossés 😉 Sara va se faire une place dans leur cœur, elle devient le centre de toutes les attentions. Cependant son visa de touriste va expirer et les habitants redoutent de voir partir cette jeune femme qui leur amène l’espoir d’une vie nouvelle.

Une histoire qui mêle les livres, des histoires très diverses sur les vies des habitants, un soupçon d’amour et vous avez un bon roman pour se détendre. Cette jeune femme aime les livres et il est agréable de voir comment elle conseille les habitants très réticents à la lecture, mais l’idée que tout le monde a un livre qui lui correspond parcourt ce roman. C’est le fond de ce roman, le lien qui unit la littérature et la vie, comment la littérature peut permettre de supporter la vie, elle permet de se distraire, de s’échapper, de se dépasser, d’avoir un autre regard sur le monde. Evidemment tout ça dans une ambiance très détendue, rien de bien philosophique, mais les titres des chapitres parfois tendent à le rappeler (littérature 1 – vie 0 par exemple).

J’ai beaucoup aimé cette histoire, je comprends maintenant son succès, il est sympathique, les personnages un peu loufoques sont attachants, certes les situations sont parfois incongrues, rien de réel mais on se prend tout de même au jeu et on très envie de voir ces habitants de Broken Wheel prendre leur revanche sur la vie. J’ai eu beaucoup d’empathie et sympathie pour ces personnages. Mission accomplie pour ce roman.

A lire pour se divertir, passer un bon moment dans une ville américaine hors norme.

Publié dans Les livres qui font du bien

Et je danse aussi – Anne-Laure Bondoux / Jean-Claude Mourlevat

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Un livre qui me tentait depuis longtemps, enfin je l’ai lu ! Je l’ai beaucoup apprécié, j’avais besoin de lire quelque chose d’un peu léger, pari réussi.

Il me semble que le livre a eu pas mal de succès, au moins sur les blogs je l’ai vu souvent quand il est sorti, les critiques étaient mitigées, mais mon avis est plutôt très positif. Il ne faut pas s’attendre à un bouleversement incroyable, mais on passe un bon moment et la construction du récit est assez bien faite car au tiers on ne peut plus le lâcher.

J’en viens donc à l’histoire : une femme envoie une grosse enveloppe avec son adresse mail au dos à un écrivain célèbre qui a obtenu dans sa carrière le Goncourt mais qui aujourd’hui est en panne d’inspiration. Une correspondance va se nouer entre les deux personnes, une correspondance de plus en plus complice mais qui se complique aussi par l’arrivée d’une révélation et surtout le mystère de la grosse enveloppe qui se lève.

Au départ, la correspondance semble presque anodine et on pourrait le dire un peu gnan-gnan… Mais finalement, rebondissement, le mystère s’épaissit autour de cette jeune femme qui écrit et l’intrigue prend de l’ampleur. L’écrivain mène son enquête de son côté, et comme on suit toute sa correspondance, les indices sont savamment distillés dans le livre.

On ne s’ennuie pas avec ce petit roman épistolaire, on savoure même certains passages assez drôles, c’est un roman qui donne le sourire, l’écrivain fait figure d’un optimisme incroyable, il incarne la figure du pardon, et derrière des thèmes réels : comment reconstruire sa vie quand tout est détruit, on a toujours l’espoir, le hasard qui fait bien les choses. On ne cherche pas à être dans le réalisme, tout semble un peu gros transposé dans la vie réelle, mais rien n’est incohérent, on se laisse prendre au jeu.

Bref, un joli roman, une pause parfaite entre des lectures plus sérieuses, qui demandent plus de concentration, une lecture de printemps parfaite et agréable.

Publié dans Les belles découvertes

Libertango – Frédérique Deghelt

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Avec c’est ce roman c’est une entrée directe dans le monde de la musique classique et de l’orchestre. Waouh ! Quelle ambiance, une atmosphère feutrée, un chef d’orchestre handicapé qui sent la musique, la partage avec tous et brise les frontières, voilà comment je résumerais très rapidement ce roman.

L’histoire c’est celle d’un jeune garçon qui se prend de passion pour la musique, arpente le conservatoire, ne pratique pas d’instrument mais il entend la musique. Il va évidemment faire des rencontres extraordinaires qui vont lui permettre de réaliser son rêve et grandir. Ses rencontres peuvent être de grands chefs qui ont véritablement existé, comme la voisine ou juste une musique.

Cette vie se déplie sous nos yeux en aller-retours multiples grâce à une jeune fille qui veut faire un documentaire sur ce personnage, tour à tour la narration se déploie autour des interviews filmées du chef, de son journal, ou de la voix même des personnages. Au début j’avoue que je ne comprenais pas tout mais finalement on s’y fait très bien.

Au-delà de l’histoire et de tout ce que l’on peut apprendre sur le monde de la musique, le style de l’auteure est sublime. Une douceur dans les mots, j’ai pris du plaisir à savourer chaque instant, à déguster les mots et souvent m’a pris l’envie de lire avec de la musique classique en fond pour vivre avec ces personnages un instant. La bonne idée c’est qu’à la fin Frédérique Deghelt partage avec le lecteur les morceaux qui ont accompagné son écriture.

Le seul petit bémol de ce roman si je peux me permettre ce jeu de mot, c’est que je me suis essoufflée dans cette lecture, j’avais envie de la terminer et dans le même temps je trouvais que je lisais trop lentement. C’est une lecture qui se déguste, j’ai peut-être perdu cette sensation de prendre le temps avec un livre dans ma course effrénée à la lecture. Une vraie réflexion à engager avec moi-même.

J’ai vraiment apprécié ce roman et cerise sur le gâteau, j’ai aimé le contact avec le livre, avec les pages de chez Actes Sud, ce grain très doux. Vraiment, ça faisait longtemps que je n’avais pas éprouvé cette sensation au toucher.

A lire pour découvrir un univers, pour prendre le temps avec les mots !  

Publié dans J'ai bien aimé

Les petites chaises rouges – Edna O’Brien

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Je ne connaissais pas cette auteure, je suis tombée sur ce livre par hasard à la bibliothèque, le titre m’a intriguée et la quatrième de couverture m’a convaincue.

C’est l’histoire d’un petit village en Irlande, où Vlad s’installe en tant que guérisseur. Tout le monde est un peu méfiant, face à ce genre de personne, mais il va finir par s’intégrer dans cette petite communauté. Même s’il semble étrange parfois, un peu agressif et a un avis tranché sur certaines choses, Fidelma, femme mariée tombe néanmoins sous le charme. L’idylle ne va pas durer.

Vlad se fait arrêter comme un dangereux tortionnaire en ex-Yougoslavie, il va être jugé au tribunal de La Haye. Cela on le sait dès le début car le roman commence sur l’explication du titre et le souvenir des morts tués pendant les bombardements. Cependant, l’histoire prend un autre tournant pour Fidelma. Une histoire tragique, cette femme doit alors se reconstruire loin de tous à Londres. Une vie qui ne s’avère pas facile et le souvenir de cet amour qui la hante.

Une histoire qui mêle histoire personnelle et grande histoire, où l’on voit que rien n’est simple dans la vie, que l’on ne tombe pas amoureux comme on le veut, cale ne se commande pas. Difficile de juger Fidelma, même si les victimes de cette guerre vont vite le faire, ils ne peuvent s’en empêcher.

C’est une histoire très sensible, beaucoup d’épreuves et d’émotions attendent notre personnage féminin, ce serait presque le cycle d’une histoire d’amour banale avec la rencontre, l’idylle et la rupture, mais le contexte est différent, son destin va changer à cause de cet homme, elle est contrainte elle-aussi à l’exil, étrangère en Grande-Bretagne, c’est à côté de l’Irlande certes, mais c’est un choix contraint, elle n’est nulle part chez elle, même si elle rencontre des gens parfois bienveillants.

Une belle histoire, le style est parfois particulier, j’ai eu la sensation de devoir relire plusieurs fois une ou deux phrases pour comprendre. Mais cela n’enlève rien à ce roman que j’ai trouvé très fort.

Publié dans Les livres sympathiques

Les derniers jours de Rabbit Hayes – Anna McPartlin

51ezv34wtll-_sx210_Cette couverture fleurie on la voit partout dans les blogs, des avis plutôt positifs, pas tous, mais quand même, il a croisé ma route je l’ai emprunté pour me faire une idée de ce phénomène.

L’histoire c’est celle de Mia rebaptisée Rabbit par sa famille et ses amis, elle vit ses derniers jours en entrant dans un centre de soins palliatifs. Autour d’elle, sa famille, ses parents, son frère, sa sœur et surtout sa fille Juliet, enfin ses amis, lui rendent visite pour lui dire adieu. Rabbit, entre deux éveils douloureux, se remémore son passé d’adolescente, son amour de toujours.

Evidemment, le thème est loin d’être drôle, Rabbit a un cancer et on connaît la fin. Bref, tout l’intérêt ce sont les liens familiaux de cette famille aimante, un peu hors-norme par certains aspects, une famille avec ses disputes, ses contradictions, ses fous rires, on pourrait dire un joyeux bordel. Chacun avec ses problèmes. Mais une seule chose les anime, il faut être réuni autour de Rabbit, qui nous apparaît comme une personne assez extraordinaire, très chérie par ceux qui l’entourent. Au-delà du thème de la maladie, qui semble par ailleurs très documenté, la famille, il y a les amours, de belles tranches de vie à lire. Je dirai donc que c’est un roman très divertissant, on s’attache vraiment à tous ces personnages. Je faisais partie de ce monde pendant les quelques heures de lecture de ce livre, je les retrouvais toujours avec plaisir.

Un roman que j’ai trouvé aussi émouvant. Et je suis assez enthousiaste sur ma lecture proche, mais même si je sais que je n’ai pas lu le livre du siècle, j’ai vraiment passé un agréable moment et malgré tout j’ai eu une petite larme à la fin. Je trouve que tout cela est bien ficelé, plausible, ni trop sentimental, ni trop dans le pathos. Ce n’est pas trop cliché, malgré le thème de la mort et de la maladie, cela reste un roman assez facile à lire.

A lire pour passer un moment intense et émouvant dans une famille remplie d’amour, de problèmes, pour s’attacher à tous ceux là et passer un bon moment en leur compagnie.

Publié dans Les livres qui apprennent

Le théorème du perroquet – Denis Guedj

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C’est l’histoire d’une famille recomposée de manière très originale, il y a Perrette l’employée-libraire, M. Ruche le propriétaire invalide, qui s’apparente au grand-père, Max, le fils de Perrette, sourd qui se révèle être son fis adoptif et les deux jumeaux dont la naissance est un mystère. Ces personnages originaux reçoivent deux cadeaux : la bibliothèque d’un ami de M. Ruche que l’on retrouve mort dans sa maison incendiée et un perroquet, rebaptisé Nofutur et sauvé de trafiquants par Max.

Bref, c’est un joyeux capharnaüm dans cette maisonnée. Ils se mettent en quête d’un mystère, Grosrouvre qui a envoyé la bibliothèque affirme avoir résolu la conjecture de Fermat, mais il n’a rien publié, il n’a laissé que deux lettres et des indices.

Clairement, il faut être curieux d’apprendre ou de revoir des notions mathématiques, allergiques aux maths : s’abstenir car vous ne tiendrez pas les 650 pages du roman. En effet, le récit alterne avec des exposés mathématiques, mis en scène, donc rien d’insurmontable à la lecture. On revoit avec les personnages : Thalès, Pythagore, Euclide, Archimède, Fermat, Euler…. et tous ceux qu’on ne connaît pas mais qui ont fait d’importantes découvertes. Ce n’est pas seulement leurs découvertes mais aussi leur personnalité, leur vie qu’on découvre.

C’est un ouvrage de vulgarisation très intéressant, bon l’intrigue se termine un peu en eau de boudin… Cela nous tient un peu en haleine… mais pas de grandes révélations à la fin, c’est même un peu abracadabrantesque. Bon, ce qu’il faut retenir c’est cette mise en scène sur les mathématiques, car on sent que c’est l’objectif de l’auteur, mettre en scène les mathématiciens, les faire connaître.

Autant dire que j’ai tout de même adoré ce roman, j’ai appris plein de choses intéressantes, il faut se concentrer un peu pour certaines démonstrations mais dans l’ensemble c’est assez plaisant de se souvenir de notions du collège et découvrir des enjeux intéressants.

A lire pour apprendre, pour les curieux qui ont envie d’élargir leur horizon !